Auteur: Grant Lovejoy
Date: 03.06.2010
Category: Oralité
Note de l’éditeur : Cette communication préliminaire pour Le Cap 2010 a été écrite par Grant Lovejoy pour servir de synthèse du sujet qui sera discuté lors de la session multiplexe sur « Comment communiquer la vérité aux quatre milliards de personnes qui apprennent oralement. ». Vos réponses à cette communication, par le biais du Forum mondial du mouvement de Lausanne, seront transmises aux auteurs et à d’autres pour les aider à peaufiner leur présentation finale pour le congrès.
C’est par beaucoup de paraboles de ce genre qu’il leur annonçait la parole,dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Marc 4:33 Segond 21
Jésus connaissait l’importance des paraboles. Marc dit que Jésus utilisait intentionnellement les paraboles, en fonction de son audience et de la capacité des gens à comprendre. Pour enseigner, Jésus a également eu recours à d’autres histoires, à des leçons d’objet, à des miracles et s’est servi de son propre exemple. De cette façon, entre autres, Jésus montrait qu’il était un communicateur sensible à son audience. Le fait même que Jésus soit devenu humain montre la volonté de Dieu de se mettre à notre niveau pour venir à la rencontre de l’humanité. Jésus parlait la langue courante ; il utilisait des objets, des formes de communication et des concepts familiers pour révéler la personne de Dieu et son message. Jésus enseignait ceux qui l’écoutaient de façon à ce qu’ils puissent comprendre.
Une fois Jésus retourné au ciel, des gens ordinaires ont répandu ses enseignements et les récits de sa vie. Les disciples de Jésus racontent aujourd’hui encore son histoire (et ses histoires) à ceux qui ont besoin de l’évangile. Nous nous comportons comme Jésus lorsque nous cherchons à présenter la vérité de Dieu de manière accessible pour les gens ordinaires. Avec une telle approche, nous manifestons l’amour, l’humilité et le service chrétiens.
Les méthodes de présentation du message de Dieu les plus accessibles sont celles que les gens connaissent déjà, celles qu’ils emploient depuis des générations. Dans de nombreuses régions du monde, les méthodes préférées sont les formes traditionnelles d’oralité. Les formes d’oralité comprennent les contes, la musique et le chant, la poésie, les proverbes, le théâtre et les cérémonies. Elles peuvent être extraordinairement efficaces.
Les méthodes orales optimisent l’efficacité
Des recherches récentes[1] indiquent que les formes de communication orales sont étroitement liées à l’efficacité de l’implantation d’églises parmi les musulmans. Les questionnaires et les interviews ont confirmé l’impact combiné de (1) l’emploi de la langue locale au lieu d’une langue régionale, (2) disposer d’au moins un membre de l’équipe qui parle couramment la langue locale, et de (3) l’utilisation de stratégies de communication orales ou écrites appropriées, en fonction des préférences d’apprentissage, orales ou littéraires, du groupe hôte. Les stratégies orales ont été mise en exergue : « . . . les équipes qui comprennent les préférences d’apprentissage (orales ou écrites) de leur peuple et qui intègrent ce facteur à leur stratégie d’approche ont mieux réussi (en termes de nombre d’églises implantées) de 340 pour cent ! »[2]
D’autres ouvriers chrétiens ont obtenus des résultats similaires liés à l’utilisation de méthodes orales avec des groupes non-musulmans. Utiliser des stratégies orales appropriées avec des personnes qui apprennent oralement entraîne une meilleure compréhension / acceptation de l’évangile. Cela contribue à une meilleure formation de disciples. Les méthodes orales sont essentielles pour équiper les personnes qui apprennent oralement à devenir des leaders dans leur culture. The Missions Exchange représente environ 100 organisations missionnaires qui soutiennent plus de 20 000 missionnaires. Au vu de la conscience croissante de l’importance des stratégies orales, elle a décerné son prix de l’Innovation missionnaire 2009 au mouvement de l’oralité.
L’oralité signifie dépendre de la parole prononcée
Ces rapports soulèvent des questions : qu’est-ce réellement que l’oralité ? Quelles méthodes orales contribuent à une plus grande efficacité ?
« L’oralité » est un terme mal connu. Lorsque je l’utilise, les gens me regardent souvent avec un air interrogateur et me disent, « Moralité ? », auquel je réponds « Non, oralité ». Voici une simple définition du dictionnaire : « L’oralité consiste à communiquer par la parole plutôt que par l’écrit. » Avant l’invention de l’écriture, tout le monde communiquait par la parole, c’est à dire oralement. Les gens ne lisaient rien, ne prenaient pas de notes et ne consultaient jamais rien d’écrit.
Quelques cultures minoritaires et isolées n’ont aujourd’hui encore aucune notion de lecture et d’écriture. Le spécialiste Walter Ong appelait ces groupes des « cultures orales primaires » et leur moyen de communication « l’oralité primaire ». Toutefois, de nos jours, la plupart des populations du monde savent que la lecture et l’écriture existent, même si elles-mêmes ne savent pas forcément lire et écrire.
Les gens qui ne savent pas lire dépendent pratiquement toujours de la parole.[3] Ils dépendent de la parole car ils ne peuvent utiliser de support écrit. Ce sont des communicateurs oraux par nécessité. Les communicateurs oraux n’obtiennent pas d’informations en lisant le journal ou des magazines, mais en parlant avec leurs amis et leur famille. Dans certains cas, ils écoutent la radio ou regardent la télévision. Les communicateurs oraux apprennent en regardant quelqu’un d’autre effectuer une tâche à côté d’eux. Ils ne consultent pas de manuel de l’utilisateur. Les communautés où les gens vivent principalement en ayant recours à la parole sont appelées des « cultures orales ».
Bon nombre de ceux qui apprennent à lire et à écrire à l’école n’éprouvent pas de plaisir à le faire. Ils préfèrent de loin se raconter des histoires, chanter avec leurs amis, avoir recours à des proverbes pour commenter les événements du moment, réciter des poésies et discuter de ce qu’ils vivent. Ils gravitent au maximum autour de la communication orale. Nombreux sont ceux qui ne lisent pas régulièrement après la fin de leur scolarité ; par conséquent, leur oralité se réaffirme. Ces gens, bien qu’ils aient appris à lire, sont des communicateurs oraux, à cause de leurs traditions culturelles et d’une préférence personnelle. Tex Sample appelle ces gens des « communicateurs oraux traditionnels ».[4] Ong utilise le terme « oralité résiduelle » pour désigner ce phénomène.[5] Il s’agit d’une situation très courante.
J’ai parlé de ce phénomène à une classe universitaire où se trouvait une étudiante africaine de troisième cycle. Un jour ou deux plus tard elle s’est rendue à une réunion de son église. Près de 30 africains étaient présents ; ils étaient tous étudiants universitaires, certains de troisième cycle. Lorsqu’elle leur a posé la question, ils ont tous répondu qu’ils préféraient les formes de communication orales. Leur réponse est compréhensible : la culture africaine est profondément orale. Les formes de communication orales de cette culture sont riches sur le plan esthétique et relationnel. C’est pourquoi ces africains préfèrent de loin les formes de communication orales à la communication écrite, bien qu’ils soient étudiants universitaires.
La Bible a prévu la présentation orale
La Bible a vu le jour dans un environnement oral. L’Ancien et le Nouveau Testament ont été écrits à des époques où la majorité des gens ne savaient pas lire. « Le taux d’alphabétisation de ces cultures bibliques semble avoir été de 5 à 20%, selon la culture et le sous-groupe au sein de la culture dont nous parlons. Il n’est donc pas surprenant que tous les peuples anciens, qu’ils soient alphabétisés ou non, préféraient la parole vivante, c’est-à-dire la communication orale. »[6] La Bible nous donne une preuve claire de ses origines orales. Par exemple, presque la moitié de la Bible est constituée d’histoires et environ un tiers de poésie.[7] Ce n’est pas surprenant, car les récits et la poésie sont des formes traditionnelles d’oralité. Les proverbes et les chants sont également des formes traditionnelles d’oralité et on les trouve aussi dans la Bible.
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L’Ancien et le Nouveau Testament nous montrent qu’il était courant qu’une personne lise les Écritures à haute voix à un groupe. Moïse a enseigné aux prêtres à lire la loi à l’ensemble du peuple tous les sept ans (Deut. 31:10-13 ; cf. Jos. 8:33-35). Esdras lisait la loi au peuple d’Israël rassemblé (Néh. 8:1-3). Paul demandait à ce que ses lettres soient lues dans les églises.[8] Plusieurs de ses lettres semblent avoir été dictées oralement à un scribe.[9] Ainsi, même les lettres du Nouveau Testament ont un caractère plus oral qu’une première lecture ne laisse apparaître.
Ap. 1:3 prononce une bénédiction sur « celui [singulier] qui lit et ceux [pluriel] qui écoutent les paroles de la prophétie et gardent ce qui s’y trouve écrit. » Cette référence, ainsi que les autres, nous rappellent que la plupart des personnes vivant à l’époque du Nouveau Testament prenaient connaissance de la parole de Dieu en l’entendant plutôt qu’en la lisant. Les seuls exemplaires écrits de l’Ancien et du Nouveau Testament étaient manuscrits. Ils étaient coûteux et hors de portée des gens ordinaires. La pratique de la lecture silencieuse et individuelle de la Bible imprimée s’est développée 1500 ans plus tard, lorsque la presse de Gutenberg a permis l’impression de livres bon marché et donc bien plus accessibles.
Ce bilan historique permet de nous rappeler que Dieu s’attendait à ce que de nombreuses personnes entendent sa parole proclamée en public, de façon audible. La Bible a été inspirée et écrite avec cette rencontre orale/auditive à l’esprit. Lorsque des exemplaires imprimés de la Bible sont disponibles, les chrétiens doivent bien entendu être également encouragés à apprendre à la lire régulièrement pour eux-mêmes. Là où la Bible n’est pas disponible, nous devons la rendre accessible. Dans ce processus, les équipes de traduction de la Bible devraient garder à l’esprit que Dieu a voulu que la Bible soit un livre qui puisse autant être entendu que lu en silence pour le bien de chacun. Sa parole s’adresse tant à l’oreille qu’à l’œil.
Les récits de la vie de Jésus et les enseignements ont circulé oralement pendant une génération avant les évangiles de Matthieu, de Marc, de Luc et de Jean ne soient écrits. Pendant ce temps, des témoins oculaires ont raconté ce qu’ils avaient vu et entendu. Le christianisme s’est considérablement développé pendant cette période ; l’Église s’est étendue depuis la Judée et de la Galilée, tout autour de la mer Méditerranée et vers l’intérieur des terres d’Asie, d’Afrique et d’Europe. Ces nouveaux adeptes de Jésus avaient des arrière-plans ethniques, culturels et religieux très divers. L’Évangile s’est rapidement et vigoureusement diffusé à une période où le moyen de transmission essentiel était oral. Les lecteurs de l’Ancien Testament ont certainement joué un rôle important au niveau de l’Église primitive. Peut-être que certains témoins oculaires ont rédigé des notes des actes et des paroles de Jésus. Toutefois, la transmission orale était d’une importance cruciale pour communiquer la Parole de Dieu.
Les croyants ordinaires pouvaient raconter les histoires qu’ils connaissaient. Ils y avaient recours pour expliquer qui était Jésus, pour quelle raison ils le suivaient et pourquoi, en tant que disciples de Jésus, ils vivaient différemment. Bien que les responsables juifs percevaient les disciples de Jésus comme des « hommes du peuple sans instruction » (Actes 4:13), ces derniers étaient remarquablement efficaces. Conduits par l’Esprit de Dieu, transformés par le fait d’avoir « été avec Jésus », ils se rendaient partout en racontant les histoires qu’ils avaient entendues et les expériences qu’ils avaient vécues avec Dieu. Celsus, un détracteur du christianisme qui a vécu au deuxième siècle, décrivait les premiers chrétiens comme des « ouvriers vêtus de laine et de cuir, des foulons [blanchisseurs], et des personnes au caractère rustique et très peu instruit. » Il se plaignait du fait que des gens aussi ordinaires étaient aussi efficaces pour amener les gens à suivre le Christ.[10] Ces exemples nous rappellent le potentiel des chrétiens ordinaires pour apprendre, intérioriser et raconter des récits bibliques, ainsi que d’autres, afin de proclamer leur foi. Ils peuvent être extrêmement efficaces. Ceux qui n’ont pas eu d’éducation officielle peuvent et doivent tout de même jouer un rôle actif au niveau de la proclamation de l’évangile. Jésus ne les excluait pas.
Alors que le mouvement de Lausanne s’articule autour de la vision de « toute l’Église qui apporte tout l’Évangile au monde entier », on trouve là plusieurs implications à considérer concernant l’oralité.
Ce qu’implique l’oralité pour toute l’Église
Au cours de ces dernières décennies, une grande part de la croissance du christianisme s’est faite chez des groupes à culture orale en Amérique du Sud et centrale, en Afrique sub-saharienne et en Asie. Leur familiarité avec les traditions orales peut être un avantage pour faire connaître le Christ à ceux qui n’ont encore jamais entendu l’Évangile, car la plupart d’entre eux vivent au sein de cultures orales. Les chrétiens issus de cultures fortement orales comprennent déjà la valeur de la communication sous forme d’histoires, de chants, de proverbes et de danses. Ils peuvent partager leurs connaissances avec ceux qui emploient d’autres moyens de communication. Les chrétiens issus de cultures orales peuvent plaider pour la valeur de l’apprentissage, via l’apprentissage dans le ministère, en particulier pour les personnes qui apprennent oralement. Ils peuvent insister avec amour sur le fait que les processus consistant à équiper les responsables d’église doivent accorder une attention particulière aux besoins des personnes qui apprennent oralement.
D’un autre côté, les chrétiens issus de cultures et de traditions d’église lettrées doivent développer une plus grande appréciation des diverses approches de communication orale et acquérir davantage de compétences en la matière. Une partie de ce changement doit se faire au niveau des attitudes ; cela implique d’accorder de la valeur aux pratiques orales que l’on trouve dans les Écritures et au sein des cultures. Ce changement impliquera souvent d’apprendre de personnes qui maîtrisent les arts oratoires traditionnels de leur culture. En partenariat avec des artistes qui pratiquent les arts oratoires, les chrétiens lettrés peuvent découvrir les arts oratoires pratiqués par cette culture et ceux qui conviennent le mieux aux vérités bibliques. Encore plus important, les chrétiens issus de cultures lettrées doivent délibérément faire leur maximum pour veiller à ce que personne ne soit privé de rencontrer le Christ et de faire partie de son église par illettrisme.
Ce qu’implique l’oralité pour la globalité de l’Évangile
Notre désir de communiquer le message de la Bible aux populations de tradition orale pourra nous permettre de mieux apprécier certaines parties de la Bible que nous avons pu négliger. Si nous avons passé beaucoup de temps sur les épîtres du Nouveau Testament, cela pourra nous aider à mieux apprécier certains récits de l’Ancien Testament, des évangiles et des Actes. Cela pourrait nous aider à situer les enseignements des épîtres du Nouveau Testament par rapport à au récit des Actes, facilitant ainsi notre compréhension de l’ensemble de ces livres, tout en les rendant plus accessibles pour les personnes qui apprennent oralement. Travailler avec des communicateurs oraux traditionnels pourrait améliorer notre appréciation des Psaumes, des Proverbes et des livres poétiques de la Bible. Si nous développons une connaissance plus vaste et plus intime de la globalité des Écritures, cela ne pourra qu’améliorer notre compréhension de la globalité de l’Évangile.
Notre préoccupation pour la globalité de l’Évangile a des implications concrètes si nous voulons mettre l’Évangile à disposition de ceux qui ne l’ont jamais entendu. Cela signifie que la présentation d’ensemble des récits bibliques doit être soigneusement choisie de façon à ce que les récits sélectionnés contiennent l’essentiel des thèmes théologiques. Cela signifie également que nous devons chercher à comprendre toutes les cultures parmi lesquelles nous proclamons le Christ. Plus nous voulons que l’Évangile dans son ensemble influence pleinement une culture, plus nous devons chercher à comprendre pleinement cette culture. Sans quoi nous pourrions proclamer l’Évangile sur la base d’une incompréhension des croyances et des valeurs de cette culture.
Notre engagement à proclamer la globalité de l’Évangile a des implications pour la traduction de la Bible et les stratégies d’interaction avec la Parole. Les populations qui ne possèdent pas la Bible sont aussi, dans la majorité des cas, des personnes qui apprennent oralement, dont la langue maternelle n’a pas été transcrite. Dans chaque communauté linguistique, les croyants de ce groupe et leurs partenaires des organisations de traduction de la Bible doivent déterminer le meilleur moyen possible de leur donner accès à la globalité de l’évangile. De récents efforts de réflexion plus spécifiques concernant ce que signifie rendre la Bible plus « accessible » ont conduit certains groupes à reconsidérer avec efficacité leurs stratégies. Le simple fait de réaliser et d’imprimer des traductions ne suffit pas à les rendre accessibles à ceux qui ne lisent pas. Une stratégie réfléchie d’interaction avec la Bible tient compte de ceux qui ne savent pas lire et de leurs médias préférés. Les progrès technologiques créent de nombreuses nouvelles opportunités de présenter la vérité biblique via la radio, les enregistrements audio et vidéo. Bon nombre de ces moyens se sont déjà révélés extrêmement efficaces pour atteindre les personnes qui apprennent oralement. Il est impossible de prédire toutes les possibilités d’alliance des technologies et des stratégies orales dans les années à venir, mais peut-on douter du fait qu’elles auront un énorme impact ?
Les organisations de traduction de la Bible ont commencé à accorder une attention particulière aux pratiques orales des communautés qui n’ont pas la Bible. Elles ont décidé d’avoir recours à des méthodes de narration des histoires de la Bible pour présenter les Écritures aux traducteurs de la langue vernaculaire et leur enseigner l’essentiel des Écritures avant de traduire des portions individuelles. Ils ont trouvé très utile d’avoir recours à une synthèse orale de l’ensemble des récits de la Bible. Ce processus renforce le caractère naturel des traductions qui en résultent (orales et écrites) et les rend plus compréhensibles et intéressantes. Le fait de tester ces versions orales en les utilisant au sein de petits groupes s’est révélé prometteur de plusieurs façons.[11] Produire de plus en plus de portions de la Bible dans des formats accessibles et adaptés aux communautés orales est une étape clé pour proclamer la globalité de l’évangile à ceux qui ne l’ont jamais entendu.
Ce qu’implique l’oralité pour le monde entier
Annoncer l’évangile au « monde entier » implique de le présenter de façon à ce qu’il puisse être compris par tout homme, toute femme, tout garçon et toute fille. Au moins un milliard d’hommes, de femmes et d’enfants apprennent oralement par nécessité, à cause de l’analphabétisme ou de l’illettrisme. Les personnes qui préfèrent apprendre oralement sont environ trois fois plus nombreuses.
D’après les estimations prudentes de l’UNESCO,[12] un adulte sur six, soit 759 millions d’hommes et de femmes, sont illettrés. Deux tiers d’entre eux sont des femmes (95). Selon les estimations, 72 millions d’enfants en âge d’être scolarisés ne fréquentent pas l’école primaire. De plus, 71 millions d’adolescents ne fréquentent pas l’école secondaire. (Notons que « le problème de l’abandon de l’école est deux fois plus important que ce qui est généralement signalé » [73]). Ces 902 millions de personnes illettrées ont besoin d’avoir accès à la vérité de Dieu sous forme orale si l’on veut qu’ils la comprennent.
Bon nombre de ceux qui complètent le cycle primaire, voire plus, pratiquent encore l’oralité par nécessité, bien que leur gouvernement les considère comme sachant lire et écrire. Le fait d’avoir complété une éducation primaire ou secondaire ne garantit pas la parfaite maîtrise des compétences de lecture et d’écriture.
Des millions d’enfants sortent chaque année de l’école primaire sans avoir acquis les compétences de lecture, d’écriture et de calcul de base. Incapables de formuler ou de lire une simple phrase, ces enfants sont mal équipés pour vivre la transition à l’école secondaire, et d’autant plus pour accéder au marché du travail. Les problèmes s’étendent aux écoles secondaires, où de nombreux enfants (parfois la majorité) n’atteignent même pas un niveau minimum d’aptitude (104).
Ceci ne concerne pas uniquement les quelques nations les plus pauvres sur le plan économique. « Les niveaux absolus de réussite scolaire sont exceptionnellement faibles dans de nombreux pays » (104). Les performances scolaires des minorités ethniques et linguistiques sont souvent inférieures aux moyennes nationales. Les chrétiens qui veulent atteindre les minorités ethniques et linguistiques doivent en tenir compte.
Le faible taux d’alphabétisation n’est pas seulement un problème dans le monde en développement. Les pays riches industrialisés comptent également de considérables portions de leur population dont les compétences de lecture et d’écriture sont limitées. Aux États-Unis, par exemple, « 14% de la population [adulte] ne possède pas les compétences de lecture et d’écriture lui permettant d’accomplir des tâches simples et quotidiennes, comme comprendre un article de journal ou un manuel d’instruction » (96). On trouve des situations similaires dans d’autres pays développés. L’Enquête internationale sur l’alphabétisation des adultes, menée dans 22 nations et régions, la plupart dans le monde développé, ont directement testé les compétences de lecture et d’écriture des participants. Les recherches de l’EIAA ont permis de découvrir qu’en moyenne, presque la moitié des adultes de ces pays possédaient des compétences de lecture et d’écriture limitées.[13] Ces adultes, qui peuvent lire, néanmoins pas couramment, représentent une part considérable des trois milliards de personnes ayant, selon les estimations, une préférence pour la communication orale.
Nous ne pouvons pas compter sur une amélioration durable du taux global d’alphabétisation. En dépit d’un effort international sans précédent depuis 2000, les experts nous mettent en garde : « Après une décennie d’avancées encourageantes, les progrès réalisés dans le sens des objectifs de l’Éducation pour tous risquent de ralentir, voire même de reculer, face à la pauvreté croissante, au ralentissement de la croissance économique et à l’augmentation de la pression sur les budgets des gouvernements. Cela est même imminent. »[14] Améliorer le niveau d’alphabétisation d’un pays de plusieurs pourcents par décennie est un défi majeur. Il sera plus sage d’adopter dès aujourd’hui des stratégies orales, plutôt que d’espérer que le monde soit bientôt suffisamment alphabétisé pour pouvoir bénéficier des stratégies écrites déjà existantes.
Conclusion
Nous cherchons à communiquer le message de Dieu aux gens ordinaires pour qu’ils puissent le comprendre, y répondre, le partager avec d’autres et le vivre pleinement. Dans la mesure où notre audience apprend mieux de façon verbale, nous devons adapter notre communication pour les rejoindre. La fidélité à l’exemple de Jésus, ainsi que la possibilité d’être plus fructueux à son service nous poussent à cela. Ces vingt dernières années, les églises et les organisations missionnaires dans le monde ont constaté une plus grande efficacité en expérimentant les stratégies orales, puis en les adoptant de plus en plus. Les gens qui étaient marginalisés par le christianisme parce qu’ils ne savaient pas suffisamment lire et écrire peuvent désormais s’intégrer à nouveau pleinement au corps de Christ.
© The Lausanne Movement 2010
[1] « Pour le Fruitful Practices Track, 280 intervenants de trente-sept nationalités et de cinquante-sept organisations différentes se sont réunis. Ils étaient issus d’équipes qui avaient implanté 738 églises, et ont évalué quatre-vingt quatorze pratiques ont été identifiées dans les questionnaires de 5 800 agents sur le terrain. » J. Dudley Woodberry, ed., From Seed to Fruit: Global Trends, Fruitful Practices, and Emerging Issues among Muslims (Pasadena, CA: William Carey Library, 2008), viii.
[2] Woodberry, Fruitful Practices, 221. Plus de 70% des personnes interrogées ont dit qu’elles travaillaient au sein de cultures orales. Voir également le rapport technique sur le CD qui accompagne le livre.
[3] Les personnes sourdes sont une exception notable. Elles aussi dépendent d’une communication non-écrite, mais elles choisissent la langue des signes au lieu de la parole. En tant que communicateurs qui n’écrivent pas, les sourds possèdent plusieurs des caractéristiques culturelles des peuples oraux : préférence pour la communication face-à-face, pensée relationnelle concrète, forte identité de groupe, etc.
[4] Tex Sample, Ministry in Oral Cultures, (Louisville: Westminster/John Knox, 1994), ch. 1.
[5] Walter J. Ong, Orality and Literacy (London and New York: Routledge, 1982).
[6] Ben Witherington, III, New Testament Rhetoric: An Introductory Guide to the Art of Persuasion in and of the New Testament, (Eugene, OR: Cascade Books, 2009), 1.
[7] Douglas Stuart, spécialiste de l’Ancien Testament, explique que plus de 40% de l’AT est narratif, et que l’AT représente 75% de la Bible. Ainsi, le contenu narratif de l’AT représente plus de 30% de l’ensemble de la Bible. Si l’on compte la portion de Matthieu jusqu’aux Actes comme étant narrative, alors plus de la moitié du NT est narratif. Le NT représentant environ 25% de la Bible, on peut donc déduire qu’environ 13% de la Bible est constituée des récits du NT. Sur la base de ces estimations, les récits de l’AT et du NT constituent presque la moitié des Écritures. Si l’on considère l’Apocalypse comme étant un récit, ce pourcentage augmente encore.
[8] Col. 4:16; 1 Thess. 5:27; cf. 1 Tim. 4:13.
[9] Rom. 16:22; 1 Cor. 16:21; Col. 4:18; 2 Thess. 3:17; cf. 1 Pet. 5:12.
[10] Origen, Origen Against Celsus, III, 55, in Ante-Nicene Fathers.
[11] Ces changements sont décrits de façon plus détaillée dans le message de Grant Lovejoy, “Orality, Bible Translation, and Scripture Engagement,” Beekman Lecture, présenté le 17 oct. 2009 lors de la Conférence de traduction de la Bible en 2009 à Dallas, Texas.
[12] Pour les statistiques de cette section, voir UNESCO, Reaching the Marginalised, Education for All Global Monitoring Report 2010 (Oxford University Press, 2010), à moins d’une indication contraire. Les auteurs reconnaissent que de nombreuses statistiques fournies par les gouvernements surestiment souvent les taux d’alphabétisation des adultes (96-97), les taux de fréquentation de l’école primaire (57-58) et de réussite scolaire (105-107). Pour plus d’informations sur les difficultés concernant l’exactitude des mesures de l’alphabétisation et pour des estimations approximatives de l’ampleur de l’oralité, voir Grant Lovejoy, “The Extent of Orality,” Dharma Deepika: A South Asian Journal of Missiological Research 25 (Juin 2007): 24-34 ; réédité en ligne dans Journal of Baptist Theology and Ministry 5 (Spring 2008): 121-33.
[13] Literacy in the Information Age: Final Report of the International Adult Literacy Survey, (Paris: OECD, 2000),17
[14] Reaching the Marginalised, 3.
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États-Unis
I enjoyed reading this article and learning about the importance of orally sharing the gospel. I’m encouraged to hear about the storytelling movement and how so many are coming to Christ.
I am currently taking a course on storytelling and I’ve come to realize how effective this method can be. Coming from America I never realized how many people communicated orally or that so many had a learning style different from my own. I am currently a student and volunteer in Asia and I can see that the Western style 3 point sermons used in the churches here aren’t reaching the hearts of the people and not many are coming to Christ. I’m excited to tell these stories I’m learning to my friends and see how they respond.
Overall, I think there is a great lack of awareness in America on this issue. And I would love to see more people hear the things you are writing about. I would be great if all Western missionaries had training on this before they left for overseas. Once we start reaching people in a way they understand, through stories, songs, poems, and drama we will see many more come to Christ!
03.07.2010
États-Unis
@ michelleH:
I love what you have to say about this. It is very true that Americans are not trained on the importance of orality to some people. We are a very vistual country and most people sit infront of a computer screen all day.
I think there is some kind of training on orality, but not as in detailed as one would need.
05.12.2012
États-Unis
I stand in full agreement with the effectiness of orality. I find myself thinking about the "Griot" and his teling of stories to the village community. My grandmother did the same. She shareed stories of our family members who were slaves and she encourged the family never to let these stories die. Orality not only is effective, if feel it is a lost art of communication that drew family closer together bulding strenght and chracter within the family.
20.06.2011
États-Unis
@ Phil9759:
This is my exact image of orality. Taking life back to the simple ways of life where building relationships and family time are way more important than getting a "to do" list accomplished. Sometimes i wish i lived in a place exactly how you described.
05.12.2012
États-Unis
According to the Author the Bible is intended to be heard, not read. There are so many disputes about what the bible says on different topics including abortion, homosexuality, etc. This could be because of our reliance on analyzing the written word instead of hearing and knowing the word and then allowing God to move accordingly. When something has been written down, people tend to lean on the literally saying than how God speaks to us internally. On the opposite side of that, passing the word on orally can leave a huge margin of error. People can forget or change important details or just purposefully change the facts to make it appeal to a different audience.
03.12.2012
États-Unis
@ careymeawayy:
In your enthusiasm for orality, you’ve gone further in a couple of your assertions than I would. Because you attribute the first assertion to the author of the article (me), I’m speaking up.
First, it’s true that in the biblical era almost certainly more people listened to the Bible being read aloud than read it for themselves. But it goes too far to say that “the Bible is intended to be heard, not read.” It was (and is) intended to be read by those who could (and can) read it.
Second, I don’t think disputes about controversial topics should be blamed on “reliance on analyzing the written word instead of hearing and knowing the word and then allowing God to move accordingly.” That problem could somehow happen, I suppose, but in my opinion the disputes more often arise from the lack of careful study of Scripture. I am pro-orality but I do not want to minimize the value of reading and studying written Scripture.
04.12.2012
États-Unis
@ GIL10:
Thanks so much for providing feedback. my intentions were never to promote not reading the bible, for those who are able. My mindset was thinking about the extreme situations where reading and writing does not exist. Your points are very valid and I think you again for taking time to respond.
05.12.2012
États-Unis
Orality is very important throughout the world as you guys have shared. It is a way to get the gospel to people where Bibles are banned. It is a way to share in native languages, but to me it also adds that personal sense that comes when someone who is familiar with the local "slang" for lack of a better word, or phrases can share the gospel. Most people who would know the language would know the culture. I had the scriptures growing up, but I probably remember more of the stories I was told by parents and grandparents. We need to teach orality -not just for evangelism worldwide, but for local churches as well.
20.11.2011
États-Unis
@ brucec:
You make a good point about the importance of stories. As important as the rhetoric of Paul is to the formation of Christian doctrine, it is the stories of Jesus and the prophets and the patriarchs that people remember and relate to. This is what the orality movement is based around.
21.11.2011
États-Unis
@ gwu_stevens:
I minister (or should I say "try to minister") to a group of children who come from a background where there is no church involvement. I agree about the importance of doctrinal issues, but for now I am trying to get them to simply learn about God’s love through Jesus Christ. For me, being a creative story-teller is important to help them have a relationship with Christ. As I read more abouth the orality movement, I realize it is not just for other groups, but for kids right here at home.
22.11.2011
États-Unis
@ gwu_stevens:
New Testament scholar N. T. Wright has pointed out that even Paul’s most technical theological language points back to the biblical story. Paul’s term "the cross," for instance, is his shorthand way of referring to the whole saving activity of God that is narrated throughout the Bible. Professor Ben Witherington III has made the same point at length in his book titled "Paul’s Narrative Thought World." Doctrinal discussions in the NT presuppose and depend on the underlying biblical narrative.
22.11.2011
États-Unis
@ GIL10:
One of my questions about orality is how to share the stories and make sure the hearers get the message without pushing them away with much "preaching." Everyone loves a good story - and the whole story from the Bible is a really good story, but what stategies can we develop as leaders to train poeple to tell the important stories and not "ruin" them with commentary. I guess I struggle to find a balance as to what to share and how much to explain.
22.11.2011
États-Unis
@ brucec:
We use different strategies depending on the situation. In a traditional church setting, the congregation often expects a sermon to explain the Scripture and "correct, exhort, [and] rebuke," so in that case it’s often necessary to do those things to meet biblical and cultural expectations. There are some books on narrative preaching, however, that tell how to handle narrative in a sermon context.
In small and medium size groups, up to about 70 people, I focus on telling the story simply--without commentary or explanation--and then facilitating a dialog about the story. Before I tell the story, I provide any essential historical or cultural background that they need in order to understand the story well. After telling it, I use discussion questions to help the group make their own discoveries about the nature of God, his will and his ways, theological insights, lessons for living the Christian life, and so forth.
In this method, I ask stimulating discussion questions, keep pointing them back to the biblical story for answers to their questions, encourage them to respond to what one another says, and resist the temptation to explain it for them. For this to work, you have to be prepared to let the group struggle its way to insight, to process competing interpretations among themselves even if you could have given the right answer more quickly. You have to believe that there is real value in the discovery process.
22.11.2011
États-Unis
@ brucec:
I understand what you are saying because I too work with kids, I find that when I can use a story about myself or my own kids they seem to respond and open up to their own experiences.
29.04.2012
États-Unis
@ brucec:
Brucec this is a gift that some have and others do not, that is the ability to take a story from the bible and paralell it to today in a way that people can relate, Jesus was the best at this
29.04.2012
États-Unis
@ brucec:
I think not "over-preaching" to a person is hard to overcome. Also, in places where orality is their main source of communication, the people are pro’s at story-telling, listening, and getting a point accross verbally. I feel like it is a learned behavior. So if people (who are not native to orality) want to become better at orality, then we need to practice. Practice our story telling and more importantly our listening.
04.12.2012
États-Unis
Signs of orality runs rampant in the Bible. One obvious reason is that technology was in its beginning stages and reading and writing was not a priority, nor was there was a Wal-Mart to pick up books, pens and paper. The easiest way to pass on information was by mouth. People adapted to this lifestyle because it is what is familiar. A printed Bible was a rarity and almost not even thought about. Everything that people wanted to know what in their head. This is such a shift from todays society where Bibles are printed by in mass quantity. With western culture being such a visual learning community, it makes sense as to why orality is such a new word brought into society. We as westerners fail to remember that there are other nations that still rely on oral learning.
03.12.2012
États-Unis
Orality is something that we use every day and is a great tool for sharing the gospel. This helps us to be more aware of our audience and allows us to meet people where they are. I love how this article relates it back to how Jesus used parables to tell stories to his people. Jesus didnt write down the stories because people during that time didnt learn from writings, but orality.
03.12.2012
États-Unis
good point GIL10,
adapting to the needs of the people is a great way to share the gospel. Jesus left us a perfect example when He shared the good news in many settings and to different people as well. I think that the more we adapt to people’s needs, the more effective we are without changing the purpose of the gospel.
28.11.2011
États-Unis
@ Ernesto:
I think that meeting the needs os others is what the gospel of Christ is about, Jesus said he came to release the captive and set them free.
29.04.2012
États-Unis
I also believe that Orality was very important since the Old Testament. As we remember that Jehova told Moses to teach the Israilites to make sure that they passed along the commandments that He had given to him and to the people. I think that repetition of Scripture back in those times was important in order to continue having generations who feared the Lord.
04.11.2011
États-Unis
@ Ernesto:
using all the senses God gave is important when we try to reach people because everybody will not learn or respond in the same way.
29.04.2012
États-Unis
good point GIL10,
adapting to the needs of the people is a great way to share the gospel. Jesus left us a perfect example when He shared the good news in many settings and to different people as well. I think that the more we adapt to people’s needs, the more effective we are without changing the purpose of the gospel.
28.11.2011
États-Unis
@ Ernesto:
Good point, I have seen people who thought they had to change the story in order to get people to listen.
29.04.2012
États-Unis
You are correct GWU stevens,
Oral learning is very special for the fact that it has been and it will be the most effective method of learning. I also believe that our ancestors played an importal role communicating the stories about their relatives. And even today, we are blessed with some of our ancestors who are still alive and share with us some of thier values and experiences so that we can pass it on to the next generations.
28.11.2011
États-Unis
@ Ernesto:
Yes Ernesto we all need to keep the tradition that was used by the early church, the use of telling a story to our young so that they can pass it on.
29.04.2012
Taïwan (RDC)
I thought this community of people interested in storying might like to know that as a result of Lausanne and the dialogue session I led (Evangelism everyones enjoys -especially the unbeliever!) , I have written a book. It will come out in July from Intervarsity Press (IVP) and is called "Telling the Gospel through Story: Evangelism that Keeps Hearers Wanting More."
The table of contents and the first endorsements (from reading the manuscript) are already on the IVP website. Please feel free to ask me any further questions.
YSIC,
Christine
05.03.2012
États-Unis
@ ChristineDillon:
Good for you Christine I pray you will continue to be inspired spread the gospel in every way possible.
29.04.2012
États-Unis
You are correct GWU stevens,
Oral learning is very special for the fact that it has been and it will be the most effective method of learning. I also believe that our ancestors played an importal role communicating the stories about their relatives. And even today, we are blessed with some of our ancestors who are still alive and share with us some of thier values and experiences so that we can pass it on to the next generations.
28.11.2011
Taïwan (RDC)
I posted this comment on another of Grant’s blogs but thought that those reading this thread might miss it. Sorry about the length but most of this is from a chapter in a new book to be released by IVP in July, 2012 called "Telling the Gospel through story: Evangelism that Keeps Hearers Wanting More." This book was inspired by the seminar I was asked to give at Lausanne and so is a direct result of LC.
This is part of the last two chapters and moves away from evangelism to show that there are wider implications for Bible study groups, preaching ...theological education ...
Sam, is a medical doctor and theological lecturer at Sydney Missionary and Bible College (Australia) with a PhD in the theology of preaching. He lectures in Preaching, Theology, Evangelism and Ethics. At his local church he leads a Bible study group with professionals who have been part of groups for years. He found that many of these group members in their 30’s and 40’s were bored, although trying not to admit it. Sam had a storying Bible study approach modeled to him and decided it was worth a try. He knew that stories appealed to post-modern thinkers. He tackled a seldom studied narrative portion in the middle of Isaiah (chapters 36-39) about King Hezekiah and Sennacherib of Babylon. He is currently using five questions which they first discuss in pairs before sharing their thoughts with the whole group. ...
What impresses you most in this story?
What don’t you understand in this story?
What do you learn about people?
What do you learn about God?
How will this change your life this week?
Sam reports that the change in the group was immediately obvious. They loved the story and the place was buzzing with discussion. In the past, people often immediately forgot what they’d discussed. Now they are not only remembering longer but are noticeably more alert and participating. Group members demonstrated an avid interest in reading Isaiah for themselves.
The next question Sam asked himself was whether this approach only worked with that particular group. As part of the Bible College program, all lecturers lead a mission team to churches around the state, interstate or overseas. Sam’s team were sent to a town in another state, one hour from the state capital. He selected a group of 40 to 60 year olds to experiment with . How would they respond to such a different style of Bible study? Never one to choose the easy option, Sam chose to try non-narrative in Isaiah 55. It’s a prophetic oracle. Sam first told the whole section twice. Everyone was given one verse to prepare. They had to ’story board’ it (use cartoons/drawings as memory prompts). Then they told it to each other in pairs. Then the whole group told the chapter in sequence from verse 1. Discussion followed the five basic questions. They discussed animatedly for 90 minutes and Sam had to remind them to go home because they wanted to keep talking. Many reported understanding that portion of Isaiah for the first time.
I find doing storying with those who’ve been in the church a long time a real struggle because I doubt they’ll want to listen. I was once asked to lead a ladies group in Australia. I decided to do Genesis 1-3 with them in order to allow them to catch a glimpse of my work in Taiwan, as well as teach the Bible. Just before I opened my mouth and for the first few minutes of the story my mind was bombarded with the thoughts, “These people have grown up in the church. This is a story they’ve been hearing for 40-80 years. It’s too simple. How ridiculous you’ll sound…!” I knew I must immediately “take these thoughts captive” (2 Cor 10:5) or I’d be immobilized by my fear of seeming ridiculous. Concurrently with telling the story I was reminding myself of specific scriptural verses and principles. For example, all the Bible is “God breathed …and useful…” (2 Tim 3:16). The mental battle must be fought immediately.
That day the power of storying was again revealed. Those women were hanging on every word and buzzing with excitement as we discussed it afterwards. No special audio visual was used, it was just the biblical story.
3) Adapting for use with preaching
Once Sam had used storying in Bible study groups he began to think how the approach could be applied to preaching. He had followed the expository method that had been modeled to him. To most people he was ’successful’ as he did lots of guest preaching in churches and conferences. His style was interesting to listen to and each point was well-illustrated. However he felt that the models he’d received didn’t work so well with narrative. He also wasn’t convinced that he was really connecting with teenagers, non-native English speakers and those without a university background. But could a storying style make people engage with the biblical text and apply it better in to their lives rather than simply saying, “Good sermon” and then being vague about what they liked about it and what difference it made to their lives?
He tried this approach. He spent most of the preparation time learning the story and meditating on it. At the same time he was thinking about his audience and pondering what questions they might have when they heard the story. He chose the most relevant of these questions and arranged them as his sermon points. His sermon became a retelling of the story and then a discussion answering the questions he’d thought they’d be curious about.
So for example, his sermon on the Rich Man and Lazarus (Lk 16:19-31) had this outline:
a) Why is the rich man in hell?
b) Why is there suffering in hell?
c) How do I avoid going to hell?
An evangelistic youth talk on the Parable of the Workers (Mt 20:1-16) asked,
a) Why isn’t this unfair?
b) Why does everyone get the same pay?
c) What is God trying to teach me?
Some of the Bible study questions could also form the basic of sermon points. That is, you could use these three.
a) What do we learn about people?
b) What do we learn about God?
c) How does this apply to our lives this week? Then think of all the different groups listening and ask, “How would this story apply to retirees, business people, housewives, children, university students, the discouraged …?”
Sam has mentioned that before he spent most of his 20 hour sermon preparation time shared between understanding the Bible (great) and how to present it. Afterwards people might say, "Great sermon" (i.e. praised him but could seldom really tell him what they’d learned ...
Now with his new approach he spends most of his time (and it takes much less time than previously but he learns the text much more thoroughly) learning the story, meditating on it, praying and the organizing how he’ll share it is relatively easy. Almost no one compliments him on his sermon but they are talking about the Bible and puzzling over it and applying it in their lives. Over the next weeks they come back to it over and over again. What is remembered is the story not how good the preacher is!
22.11.2011
États-Unis
@ ChristineDillon:
This is an awesome approach to telling stories. Not only are the listeners hearing the story, they are participating. By answering questions, a conversation occurs. I tend to think a conversation between people is a whole lot better than one person doing all the talking. If this approach is used regularly, the listeners will learn to listen closer and beging to think about the answers while the story is being told. Thanks for the chapter -look forward to seeing the book!
24.11.2011
États-Unis
I also believe that Orality was very important since the Old Testament. As we remember that Jehova told Moses to teach the Israilites to make sure that they passed along the commandments that He had given to him and to the people. I think that repetition of Scripture back in those times was important in order to continue having generations who feared the Lord.
04.11.2011
États-Unis
@ Ernesto:
Deuteronomy 6:4-9 (the Shema) is a powerful testament to the orality of the Hebrew people. These words have been recited twice daily by orthodox Jews for centuries:
Hear, O Israel: The LORD our God, the LORD is one. Love the LORD your God with all your heart and with all your soul and with all your strength. These commandments that I give you today are to be on your hearts. Impress them on your children. Talk about them when you sit at home and when you walk along the road, when you lie down and when you get up. Tie them as symbols on your hands and bind them on your foreheads. Write them on the doorframes of your houses and on your gates.
Scripture is important, but if we don’t write the words on our hearts, impress them on our children, talk about them at home and in the community and make them central to our lives, we haven’t really heard the Word. Central to following Christ is speaking Christ.
21.11.2011
États-Unis
@ gwu_stevens:
Ps. 78:1-8 is likewise full of references to hearing and telling as Israel’s means of perpetuating knowledge of and faith in God.
1 My people, hear my teaching;
listen to the words of my mouth.
2 I will open my mouth with a parable;
I will utter hidden things, things from of old—
3 things we have heard and known,
things our ancestors have told us.
4 We will not hide them from their descendants;
we will tell the next generation
the praiseworthy deeds of the LORD,
his power, and the wonders he has done.
5 He decreed statutes for Jacob
and established the law in Israel,
which he commanded our ancestors
to teach their children,
6 so the next generation would know them,
even the children yet to be born,
and they in turn would tell their children.
7 Then they would put their trust in God
and would not forget his deeds
but would keep his commands.
8 They would not be like their ancestors—
a stubborn and rebellious generation,
whose hearts were not loyal to God,
whose spirits were not faithful to him. (NIV)
22.11.2011
États-Unis
I stand in full agreement with the effectiness of orality. I find myself thinking about the "Griot" and his teling of stories to the village community. My grandmother did the same. She shareed stories of our family members who were slaves and she encourged the family never to let these stories die. Orality not only is effective, if feel it is a lost art of communication that drew family closer together bulding strenght and chracter within the family.
20.06.2011
États-Unis
@ Phil9759:
Its interesting how integral oral learning really is even in the western world. It seems that aside from formal education and scripture, most of our education (personal/family history, culture, morals, etc) is from oral learning. We ought to develop these natural skills in order to better spread the Gospel to the majority world that does not use written language like we do.
21.11.2011
États-Unis
great point Grant,
I also agree with the fact that orality has been an effective method of communication. For example, in the Old Testament God constantly reminded the Israelites to teach their children His commandment what is known as oral tradition. Back in those days, the head of the household would sit and talk to his children by sharing what the Lord had done to their ancestors when he took them out of the Egyptian bondage.
31.10.2011
États-Unis
@ Ernesto:
Yes, you are right. Deut. 6 and Ps. 78 are two passages where the OT commands Israelites to pass along the stories of God’s mighty deeds and the teachings of God’s law. This was done orally, as an integral part of life. Their goal was to see that truth passed down, so that each succeeding generation would know and reverence God, live holy lives, and avoid falling into sin.
01.11.2011
États-Unis
@ Ernesto:
Even more to that point, in the days before Bible was written down, all the Hebrews had was the spoken word with which to tell the old, old story. Our scripture today is based on how well those people remembered and passed on those stories. If we are to continue to spread the word into the majority world, we’re going to have to reclaim some of that. I applaud the work being done so far.
04.11.2011
États-Unis
I would be curious to know if there is any work being done with the illiterate deaf anywhere in the world. Sign language is the most obvious answer, but the deaf respond well to images and drawings as well. The old stained glass windows depicting the stories of the Bible come to mind.
23.09.2011
États-Unis
@ gwu_stevens:
Yes, there is quite a lot of interest in putting the Bible into the sign languages of the world. Several organizations are working in a variety of sign languages currently.
Deaf people respond favorably to people who use their heart language (sign language) to convey Bible stories to them. Appropriate visuals can also be useful. By using sign language and storytelling, we empower Deaf people to trust Christ and share him with others using their own familiar forms of communication.
26.09.2011
États-Unis
@ GIL10:
I spent some time in Ukraine back in 2000 as an undergrad student working with a summer camp for deaf kids. I was amazed that under the communist regime, blocs were setup where "invalids" (the actual Ukranian word!) were sent to live together. The deaf were sent to a region in the west near L’viv where they worked in furniture manufacturing plants. Our multi-cultural, melting pot society would rightly be appalled at this, but it does make for a convenient way to do deaf missions within a society.
04.11.2011
États-Unis
great point Grant,
I also agree with the fact that orality has been an effective method of communication. For example, in the Old Testament God constantly reminded the Israelites to teach their children His commandment what is known as oral tradition. Back in those days, the head of the household would sit and talk to his children by sharing what the Lord had done to their ancestors when he took them out of the Egyptian bondage.
31.10.2011
États-Unis
Great job Grant,
I like your statement when you said that "Jesus demonstrated to be a sensitive-audience communicator. That is the truth because during His earthly ministry, Jesus was always sentive to human needs whether, physical, spiritual, emotional or social. The truth of the matter is that ony Him could take time to listen to those who were hurting and did something about it instead of ignoring them like other religious leaders. Thus, the relgious leaders were amazed at Him as he minster to them with a passionate love and made a difference in thier lives.
17.10.2011
États-Unis
I stand in full agreement with the effectiness of orality. I find myself thinking about the "Griot" and his teling of stories to the village community. My grandmother did the same. She shareed stories of our family members who were slaves and she encourged the family never to let these stories die. Orality not only is effective, if feel it is a lost art of communication that drew family closer together bulding strenght and chracter within the family.
20.06.2011
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