Auteur: The Scripture in Mission Multiplex Resource Team
Date: 01.06.2010
Category: Écritures
Note de l’éditeur : Cette communication préliminaire pour Le Cap 2010 a été écrite par l’Équipe de ressources multiplex « L’Écriture Sainte dans la mission » pour servir de synthèse du sujet qui sera discuté lors de la session multiplexe sur « L’Écriture Sainte dans la Mission ». Vos réponses à cette communication, par le biais du Forum mondial du mouvement de Lausanne, seront transmises aux auteurs et à d’autres pour les aider à peaufiner leur présentation finale pour le congrès.
RÉSUMÉ
Pierre et Angèle sont submergés par toutes les demandes sur leur temps qui relèvent de leur vie dans la classe moyenne. Leur voisine, Lucie, est bouddhiste, originaire d’Asie de l’Est. Sa colocataire est attirée par la spiritualité « New Age ». Aucun passage des Écritures n’est traduit dans la langue maternelle de Mma Echu, tandis que le chef de son village vient de construire un temple pour son dieu. Amin s’intéresse à Jésus, mais est analphabète et Hussein est sourd. Qu’est-ce que ces personnes ont en commun ? Elles souffrent toutes d’une maladie qui touche des milliards de personnes dans chaque pays à travers le monde : une déficience de connaissances bibliques. Cependant, elles ne s’en rendent pas compte.
Quels sont les signes de la déficience de connaissances bibliques ? Elle se trouve là où des barrières s’élèvent pour empêcher l’accès à la Bible dans une langue comprise aisément par une population pour que le message biblique puisse interpeller ces personnes de manière à transformer leurs vies. Elle touche toutes les couches socio-économiques, religieuses, ethniques et linguistiques de la société. La déficience de connaissances bibliques touche des régions où sévit la persécution religieuse. Elle affecte les analphabètes, les sourds et les aveugles. D’autres, tel le peuple Fang du Cameroun, n’ont aucune portion des Écritures traduite dans leur langue. En même temps, des multitudes de personnes instruites dans les villes comme Shanghai, Munich ou Bogotá n’ont confiance que dans la vérité de leurs propres expériences. Des barrières à une interaction significative avec la Bible s’élèvent partout : dans les contextes urbains et ruraux, dans les régions où d’autres religions majeures sont dominantes et dans l’Occident postmoderne. Une fois ces barrières identifiées, pouvons-nous travailler ensemble pour construire des ponts pour atteindre les personnes derrière ces barrières ?
Pierre et Angèle sont pris par leur travail, famille, responsabilités à l’église et leurs loisirs. Ils passent beaucoup de temps à regarder des émissions d’analyse politique à la télévision et à écouter des émissions de radio animées par des commentateurs chrétiens. Ils possèdent au moins dix Bibles, mais il se passe des semaines où les seuls versets qu’ils entendent sont ceux qui sont lus lors du culte le dimanche matin. Cependant, les prédications de leur pasteur sont plus souvent basées sur ses propres pensées que sur une étude suivie d’un passage de la Bible. Autrefois, les Écritures étaient au centre de leur vie, mais à présent, elles sont devenues accessoires. En conséquence, beaucoup de leurs valeurs et attitudes au sujet de questions sociales importantes sont influencées par d’autres personnes plutôt que par une interaction avec la Parole de Dieu.
Lucie et Julie sont voisines de Pierre et Angèle. La famille de Lucie a émigré de l’Asie de l’Est. Elle est bouddhiste. Sa colocataire, Julie, s’intéresse à la spiritualité. Elle est ouverte à la littérature et aux événements New Age, mais est aussi attirée par les aspects mystiques du bouddhisme et de l’hindouisme. Elle croit aussi que Jésus est ressuscité d’entre les morts et elle qualifie cette idée de « chouette ».
Il y a quelques années, Mma Echu est devenue disciple de Jésus. Aucune portion de la Bible n’est traduite dans sa langue. Lorsqu’elle assiste au culte, le pasteur ne prêche que dans la langue officielle du pays qu’elle ne comprend pas bien. Lorsqu’elle quitte l’église après le culte, elle a toujours soif de quelque chose de plus. Pour cette raison, elle n’assiste au culte que rarement. En même temps, dans son village, le Chef Ekone a construit un temple à son dieu pour supplier ce dieu de protéger et bénir sa famille. Il a entendu parler de Jésus, mais pense que Jésus ne parle que la langue officielle et donc, pour lui, Jésus est un étranger. Pour cette raison, Jésus ne peut pas vraiment interagir avec les idées et croyances que le Chef Ekone partage avec son peuple.
Amin a entendu parler de Jésus et aimerait en savoir plus. Cependant, il n’a jamais rencontré un disciple de Jésus dans le village où il tient un petit magasin. Alors il ne peut parler de Jésus avec personne. Une fois, il a vu un livre qui, soi-disant, parlait de Jésus, mais puisqu’il ne sait pas lire, il ne lui serait d’aucune utilité. Il possède, quand même, un poste de radio et un lecteur DVD-CD. Hussein vit de l’autre côté du village. Il est sourd, ce qui l’enferme dans un monde tout autre que celui des entendants. Il connaît bien les autres sourds du village, mais ils ont tous peur des entendants. Ils ont souvent été maltraités. De plus, personne ne leur parle de Dieu. Il n’est pas simplement un étranger pour eux, il n’existe pas.
Pierre, Angèle, Lucie, Julie, Mma Echu, le Chef Ekone, Amin et Hussein souffrent tous de la même condition : « une déficience de connaissances bibliques ». Cette « déficience de connaissances bibliques » existe dans le monde entier et elle est une conséquence des barrières ou entraves à l’accès aux Écritures dans une langue aisément comprise par la population afin que le message biblique interpelle ces personnes de manière à transformer leurs vies. Aussi surprenant que cela puisse paraître, des chrétiens individuels comme des églises peuvent être des obstacles à cette transformation qui découle des Écritures ; c’est aussi le cas de ceux qui sont impliqués dans la mission et les organisations avec qui ils travaillent. Le problème est universel. Il trouve sa source dans le cœur de l’être humain et dans la séparation entre l’homme et Dieu.
À quoi nos vies transformées devraient-elles ressembler ? Jésus a dit que si nous étions transformés, nous aimerions le Seigneur notre Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force et que nous aimerions notre prochain comme nous-mêmes (Matthieu 22:34-40, Marc 12:28-31). Notre comportement serait agréable à Dieu et procurerait du bonheur à notre entourage (I Corinthiens 13:4-7; Galates 5:22-23; Ephésiens 4 :1-6, 25-32; Philippiens 2:1-11; Colossiens 3:12-17).
Les personnes décrites ci-dessus sont confrontées à des obstacles qui les empêchent de connaître l’amour de Dieu qui transforme les vies. Pouvez-vous identifier ce qui entrave ou empêche les Ecritures de provoquer la transformation ? Chacune de ces situations représente un défi important pour le rôle des Écritures dans la mission. Chacune soulève une question capitale qui mérite notre réflexion :
Avant d’examiner ces questions précises, regardons ensemble le rôle des Écritures dans la mission. Quelle est la valeur des Écritures dans la mission ? Y a-t-il une différence entre le rôle qu’elles devraient jouer, à notre avis, et leur rôle en réalité ? Est-ce que la Bible est vraiment au cœur de votre ministère ? Quelles preuves de cette centralité se présenteraient au regard d’un observateur ?
L’apôtre Paul avise Timothée que les deux objectifs principaux des Écritures sont de nous rendre sages concernant le salut par la foi en Jésus-Christ et de nous préparer pour toute bonne œuvre en tant que peuple de Dieu (2 Timothée 3 :14-17). Paul voulait que son fils spirituel ait la même confiance dans les Écritures que nous devons avoir aujourd’hui : elles sont essentielles pour partager la bonne nouvelle qui se trouve en Jésus-Christ mais aussi pour expérimenter une transformation qui nous fait ressembler à Jésus.
Timothée avait eu le privilège pendant sa jeunesse de vivre au sein d’une culture où la Bible était accessible dans une langue comprise par la population et dans un format commode. Il s’agissait certainement d’un texte en grec, la traduction de la Bible hébraïque, notre « Ancien Testament », qu’on appelle la Septante. De plus, depuis son enfance, soit il a pu écouter la lecture faite par un membre de sa famille, soit quelqu’un de la communauté en faisait une lecture publique. Paul fait mention du fait que Loïs, la grand-mère de Timothée, et Eunice, sa mère avaient « une foi sincère » et que cette même foi était partagée par Timothée (2 Timothée 1:5). Paul rappelle aussi que Timothée connaissait les Saintes Écritures depuis son enfance (2 Timothée 3:15). Ces trois personnes ont trouvé la foi en Jésus-Christ. Elles se sont laissé interpeller par les Écritures aussi. Ceci les a amenées à vivre selon une « foi sincère » dans une société et une culture qui n’était pas toujours accueillante à l’égard de cette foi. Ils vivaient une transformation comme disciples de Jésus dans un contexte difficile.
Revoyons le cas de Pierre et Angèle à la lumière de ces paroles que Paul adresse à Timothée et de l’expérience de Timothée, immergé dans les Écritures en famille. Car bien que Pierre et Angèle soient des chrétiens et possèdent de nombreuses Bibles, ils souffrent d’une déficience de connaissances bibliques car les Écritures n’ont pas l’impact transformateur sur leur vie que Dieu voudrait. Il est ironique que leur situation est, en fin de compte, identique à celle de leurs voisines, Lucie et Julie, qui ne connaissent rien des Écritures.
Dans les cas où des personnes telles que Mma Echu et le Chef Ekone n’ont aucune portion de la Bible dans leur langue, leur déficience de connaissances bibliques est plus évidente. Ils n’ont pas les ressources qui sont à la portée de Pierre et Angèle. Les personnes comme Amin, qui sont analphabètes ou qui ne peuvent plus lire, connaîtront cette déficience tant que les seules Bibles à leur portée sont en forme de livre. Hussein, lui, sera totalement mis à l’écart tant que quelqu’un ne développe un moyen pour lui communiquer la Parole de Dieu.
Leur « déficience de connaissances bibliques » est le résultat des « barrières » qui empêchent ou entravent l’action de la Parole de Dieu pour transformer leurs vies par sa puissance. L’existence de telles barrières devrait nous pousser à rechercher des « ponts » pour aider ces personnes à franchir ces barrières et entrer en contact avec les Écritures.
Alors, revenons aux trois questions évoquées ci-dessus pour réfléchir aux barrières les plus significatives et aux ponts nécessaires pour les franchir pour chacun des cas cités.
1. Pourquoi les Écritures ne transforment-elles pas les vies dans des situations où elles sont facilement accessibles ?
Pourquoi, lorsque les Écritures sont abondantes et facilement accessibles, la plupart des personnes ne se laissent pas interpeller par elles de façon significative ?
Les barrières
Parmi les barrières, nous trouvons :
L’ignorance, l’indifférence et même le mépris à l’égard des Écritures
Les adultes et les jeunes de la civilisation occidentale ignorent, pour la plupart, les faits les plus élémentaires qui se trouvent dans la Bible. Ils ne connaissent pas les réponses aux questions : Qui étaient Adam, Abraham, David ou Jean-Baptiste ? Ils connaissent vaguement les Écritures, mais ne les comprennent pas et ne les tiennent pas en estime. Avec toutes les autres sources d’information qui rivalisent pour leur attention, ils sont indifférents aux Écritures. Lorsqu’ils entendent parler des affirmations bibliques, beaucoup les méprisent. Un nombre croissant de croyants, surtout parmi les jeunes adultes, ne participe pas à la vie d’une église. Pour ces personnes, les Écritures sont une affaire personnelle et non pas quelque chose à partager dans le cadre d’une communauté de croyants.
Le rythme frénétique de la vie, le culte de la technologie et la surabondance des divertissements
Tout le monde, y compris les chrétiens, est pris par maintes responsabilités et activités. Le temps qui reste pour consacrer à la méditation des Écritures, afin qu’elles aient un impact sur la manière de vivre, est très limité. Pierre et Angèle ne voient pas Lucie et Julie très souvent. Ils ne sont pas à l’aise avec le bouddhisme de Lucie et la vague spiritualité de Julie. Ils ne savent pas comment partager la Parole de Dieu avec elles. En fait, ils ne sauraient pas où commencer car eux-mêmes passent si peu de temps avec la Bible. Personne ne leur a appris comment se nourrir de la Parole ni comment étudier la Bible avec d’autres. Lucie et Julie s’intéressent à des formes d’expression religieuse extrabibliques, et donc l’idée de passer du temps à lire les Écritures ne leur viendrait même pas à l’esprit sans que quelqu’un ne leur montre une raison valable pour le faire.
Les divers médias de la société occidentale ont une emprise sur la vie de nos contemporains. Quant aux chrétiens, les médias peuvent facilement les influencer plus que la Bible, donc une bonne partie de leurs valeurs personnelles et sociales sont formées davantage par les personnes influentes de leur culture que par les Écritures. Les héros modernes sont les célébrités des industries musicale et cinématographique et du monde du sport. Certaines de ces personnes sont extrêmement hostiles à la foi chrétienne et mettent en doute la fiabilité de la Bible.
Le décalage entre la culture biblique et la vie au XXIe siècle
Les personnes, lieux et coutumes dont parle la Bible sont en décalage par rapport à la vie au XXIe siècle. C’est un défi pour les chrétiens de s’engager avec les Écritures et d’en retirer des enseignements qui les aident à vivre. Il est souvent plus facile de les ignorer, tout simplement. Pour Lucie et Julie, la Bible est simplement étrange.
Les croyances au sujet de ce que nous pouvons savoir avec certitude
La culture occidentale où vivent Pierre et Angèle passe par un bouleversement historique dans son appréciation de ce qu’il est possible de savoir avec certitude. Le savoir est de moins en moins objectif et de plus en plus subjectif. Ce que nous dicte notre expérience ou notre raisonnement dans nos rapports avec le monde qui nous entoure n’est plus considéré comme fiable. Ces analyses sont traitées comme de simples opinions et comme des idées égoïstes, héritées de nos aînés qui nous ont formés pour vivre dans leur monde. La vérité n’est plus un absolu et ne peut être cernée. C’est ainsi que la vérité biblique, y compris les principes moraux, est appréciée . Beaucoup de nos contemporains croient que les vérités bibliques, qu’elles concernent le monde ou la moralité, ne sont que des opinions qui nous sont parvenues d’une autre époque, sans valeur universelle pour l’humanité.
La centralité et l’autonomie de l’individu
Dans l’Occident, l’individu est au centre de son univers. Il décide qui est dieu et ce qui est vrai. L’individu a aussi tendance à extrapoler et à appliquer aux autres la signification et la réalité qu’il a créée. Nos contemporains font de moins en moins confiance à une autorité extérieure, telle que Dieu ou la Bible. Les rapports entre les êtres humains sont réduits à une question de pouvoir et de préférence personnelle. La valeur suprême n’est plus l’amour mais la tolérance.
Les ponts
L’Esprit de Dieu est souverain sur tout et il est le pont par excellence. L’Esprit est celui qui, en fin de compte, change les cœurs. Il les libère de l’emprise du péché pour leur permettre de servir Dieu (Romains 8 :1-11). L’Esprit n’est limité par aucune situation, mais au contraire il traverse toutes les barrières. Pourtant, l’Esprit de Dieu nous permet de collaborer avec lui dans la mise en place des ponts pour venir en aide aux autres. Nous sommes devant le défi de réfléchir aux moyens de franchir ces barrières.
L’ignorance, l’indifférence et même le mépris à l’égard des Écritures
Le mépris est difficile à surmonter, si ce n’est par une manifestation constante d’amour pour la personne de notre part, associée à l’œuvre de l’Esprit. Il y a, par contre, des ponts possibles pour faire face à l’ignorance et à l’indifférence. En ce qui concerne l’ignorance, si la personne est ouverte, on pourrait commencer par un survol des Écritures, de la création jusqu’aux nouveaux cieux et à la nouvelle terre. L’accent serait mis sur l’amour de Dieu pour l’humanité et sa persévérance à inviter tous les êtres humains à entrer dans son royaume, sur la base de ce que Jésus a fait à travers sa vie, sa mort et sa résurrection. Comment aider Pierre et Angèle à priser cette grande épopée historique qui traverse la Bible et puis apprendre à la partager avec Lucie et Julie ?
Quant à l’indifférence, un pont possible serait de partager comment les Écritures ont influencé notre vie. Nous pourrions partager un récit assez long ou des passages bibliques plus courts et expliquer comment ils nous ont profondément impactés. De tels partages soulignent la pertinence personnelle des Écritures.
Le rythme frénétique de la vie, le culte de la technologie et la surabondance des divertissements
Un pont important pour surmonter cette barrière serait la pratique de lectio divina, soit individuellement, soit en groupe. Cette démarche demande aux participants de ralentir le rythme de leur vie. Ils prennent le temps de choisir un passage de la Bible et de le lire. Ensuite ils méditent un mot ou une phrase ou des thèmes que Dieu souligne pour eux lors de leur lecture. La prochaine étape est de laisser ce mot ou cette phrase inspirer leurs prières. Pour clore cette démarche, ils méditent sur ce qui pourrait changer dans leur vie et ils s’engagent à mettre cela en pratique.
Un autre pont possible serait un groupe d’étude biblique et de réflexion, pour étudier un certain nombre de passages une fois par semaine avec quelques autres personnes. Le fait de se réunir rend les membres du groupe responsables les uns envers les autres. Le caractère régulier des réunions crée une place pour les Écritures dans la vie des membres. Ce format permet aussi d’entendre ce que les autres pensent du passage étudié.
Le décalage entre la culture biblique et la vie au XXIe siècle
Un pont possible face à cette barrière serait d’expliquer comment un certain passage de la Bible nous a poussés à agir de façon inattendue. Ceci est valable particulièrement pour les passages narratifs de la Bible. Pierre et Angèle pourraient apprendre à partager avec Lucie et Julie les vérités spirituelles que ces passages renferment et leur montrer comment elles sont pertinentes pour notre vie aujourd’hui.
Quant aux croyances sur ce que nous pouvons savoir avec certitude et quant à la centralité et l’autonomie de l’individu, quels ponts pouvez-vous suggérer pour franchir ces deux barrières ?
2. Pourquoi plus d’un milliard de personnes n’ont pas la Bible dans leur langue ?
On estime qu’environ 6.900 langues sont parlées à travers le monde aujourd’hui.[1] La plupart sont parlées par des populations assez petites en nombre. Nous les appelons des « langues minoritaires ». Plus précisément, environ 6% de la population mondiale (à peu près 400 millions de personnes) parle 94% des langues du monde. De toute évidence, il s’agit des langues minoritaires. Ceci concerne des personnes comme Mma Echu et le Chef Ekone.
Pourquoi la Bible n’est-elle traduite que pour les langues majoritaires ? Pouvons-nous accepter que plus d’un milliard de personnes n’aient pas une Bible entière dans leur langue ? Si nous, membres de l’Église mondiale, croyons en l’importance pour chacun d’avoir une Bible dans sa langue, ne serait-il pas juste de s’attendre à ce que des responsables des églises et des missions travaillent ensemble pour enrayer cette déficience de connaissances bibliques ? Les ressources humaines et financières pour faire face à cette tache existent déjà dans l’Église mondiale. Alors qu’est-ce qui empêche sa réalisation ? Comment dépasser la dépendance exagérée des églises et des organisations missionnaires sur les seules sociétés bibliques pour faire face à ce défi ? Il faut que l’Église mondiale soit impliquée aussi.
Les barrières
La réalité et la diversité des langues sont la source d’un certain nombre de barrières. Nous en soulignons trois ici.
La multiplicité des langues
Une Bible complète existe dans environ 450[2] des 6.900 langues parlées dans le monde. Elles représentent environ cinq milliards de personnes. Ces Bibles sont une ressource phénoménale pour l’évangélisation et la formation des disciples.
Cependant, plus d’un milliard de personnes n’ont pas une Bible entière disponible dans leur langue. Il ne s’agit pas simplement de « dialectes » mais de langues distinctes. Pour 2.000[3] de ces langues, une traduction est nécessaire, mais n’a pas encore été commencée. Pour 2.000 autres langues, une traduction est en cours. Pour 1.510[4] autres langues, il ne reste que 1.000 personnes qui les parlent. Certaines de ces langues sont en voie de disparition. Pour d’autres, elles sont si mal connues et recherchées que c’est impossible de savoir avec exactitude le nombre de personnes qui les parlent et les besoins quant à la traduction de la Bible.
Les communautés parlant des langues minoritaires : nombreuses et marginalisées
La plupart de ces langues sont parlées par des populations moins importantes. Nous les désignons comme « langues minoritaires ». Ces populations sont souvent marginalisées dans leur propre pays. Elles sont pauvres, mal desservies par les services sociaux et ont peu d’influence dans la structure politique, donc elles sont souvent ignorées. Puisqu’il existe un grand nombre de langues minoritaires qui représentent de petites populations, il est difficile pour ceux de la langue et la culture majoritaires de leur montrer le même respect et la même considération que Dieu voudrait leur manifester.
Le multilinguisme : mal compris par les cultures majoritaires
Des personnes qui ont une langue minoritaire comme langue maternelle sont souvent obligées de parler d’autres langues pour survivre. Ils apprennent la langue majoritaire suffisamment bien pour pouvoir acheter et vendre au marché. Cette capacité de s’exprimer dans d’autres langues, et surtout dans la langue majoritaire, peut amener des personnes de la culture majoritaire à croire, à tort, que la langue majoritaire est suffisamment maîtrisée pour que ces populations puissent satisfaire leurs besoins spirituels avec une Bible traduite dans la langue majoritaire. Cependant, ce type de situation est très compliqué et nécessite des recherches précises pour déterminer la langue (ou les langues) la plus adaptée pour entrer en contact avec la Parole de Dieu.
Les ponts
La multiplicité des langues
En ce qui concerne la multiplicité des langues, un pont serait d’identifier les personnes dans votre contexte qui n’ont pas une traduction de la Bible dans leur langue. Beaucoup d’entre nous vivent dans des régions où plusieurs langues sont parlées. Savez-vous quelles langues sont parlées dans votre ville ou votre région ? Si vous ne savez pas comment trouver la réponse à cette question, vous pouvez demander de l’aide. Avec les autres responsables chrétiens de votre ville ou région, vous devez identifier les besoins pour des traductions de la Bible, et ensuite élaborer un plan pour faire face à ce besoin. Il existe des partenaires, des églises et des sociétés bibliques, qui peuvent vous aider à élaborer un tel plan.
Avec des amis, vous pouvez collaborer à l’élaboration d’un programme pour partager des récits bibliques dans une langue minoritaire de votre région.
Les communautés parlant des langues minoritaires : nombreuses et marginalisées
Il est possible que vous n’identifiiez aucune langue minoritaire dans votre ville ou région. Dans ce cas, adressez-vous à une université locale ou à une organisation qui fait des recherches sur les langues et les cultures. Vous pouvez aussi contacter des sociétés bibliques pour voir si elles ont des informations sur des langues parlées dans votre région. Elles auront peut-être des suggestions sur les prochaines étapes et sur ce que vous pouvez faire pour aider.
Il est probable que les sociétés bibliques auront un rôle à jouer pour faire face aux besoins des langues minoritaires de votre région. Cependant, un rôle plus important revient aux églises à travers le monde qui devront collaborer avec les sociétés bibliques pour toucher ces communautés qui parlent des langues minoritaires.
Le multilinguisme : mal compris par les cultures majoritaires
Souvent les personnes qui parlent des langues majoritaires croient que les personnes dont la langue maternelle est minoritaire comprennent aussi la langue majoritaire. Elles ne voient donc pas la nécessité d’aider les communautés qui parlent ces langues moins répandues. Il s’agit aussi d’un des plus grands défis auxquels les églises doivent faire face : les responsables croient souvent que les communautés qui parlent des langues moins répandues peuvent comprendre la langue majoritaire utilisée dans leur église. Ils ignorent que des besoins spirituels ne sont pas satisfaits du fait de la barrière linguistique.
Le défi devant nous dans cette situation consiste à ne pas accepter les conclusions réductrices de la société environnante. Nous devons faire des recherches afin de discerner les vrais besoins et ainsi faire avancer le royaume de Dieu.
3. Pourquoi, lorsque les Écritures sont disponibles, ne le sont-elles très souvent que sous la forme de texte écrit ?
Les barrières
Lorsque nous pensons aux Écritures, nous visualisons d’habitude un texte en forme de livre. Un de nos a priori habituels par rapport à la Bible est qu’elle est un texte écrit. Pour comprendre le sens, ce format nécessite la capacité de lire ou la possibilité de trouver une autre personne qui lira ce texte à haute voix. Pour être chrétien, doit-on être lettré ? Est-ce que nous pensons que c’est suffisant d’avoir la Bible sous forme de texte puisque nous, les responsables d’églises, sommes lettrés ?
En réalité, il existe des milliards de personnes à travers le monde qui vivent dans des cultures orales. Beaucoup n’ont jamais ressenti le besoin de lire. D’autre part, les sourds et les aveugles ont des besoins particuliers pour surmonter les obstacles qu’un texte écrit leur pose.
Lorsque les Écritures n’existent qu’en forme écrite, l’accès à la Parole vivante est barré pour de telles personnes.
Les ponts
Pour venir en aide à ceux qui ne sont pas capables de lire la Bible en format texte, un pont serait de fournir la Bible dans un format qui est accessible aux personnes qui parlent les langues de votre région. Ce pont se servirait de toutes les technologies que nous avons à notre disposition : la radio, les enregistrements audio (lecteurs CD et mp3), la vidéo, l’Internet, les téléphones portables, sans oublier les méthodologies pour développer des récits bibliques oraux.
Cet article propose une introduction brève aux défis posés par la déficience de connaissances bibliques ainsi qu’aux barrières et ponts les plus importants en rapport avec ce problème.
Pour de plus amples informations sur les barrières et les ponts, vous pouvez vous reporter à trois articles supplémentaires sur ces questions :
1) L’Écriture Sainte dans la mission : Pour enrayer une déficience de connaissances bibliques : identifier les barrières, une perspective géographique et sociologique
2) L’Écriture Sainte dans la mission : Pour enrayer une déficience de connaissances bibliques : identifier les barrières, une perspective personnelle et synthétique
3) L’Écriture Sainte dans la mission : Enrayer une déficience de connaissances bibliques par la construction des ponts
Si vous lisez l’anglais, vous pouvez aussi consulter le livre : Translating the Bible into Action – How the Bible can be relevant in all languages and cultures, par Harriet Hill et Margaret Hill, Piquant Editions, 2008.
Comment répondrez-vous aux questions suivantes ?
1) Que pensez-vous des trois questions principales ?
• Pourquoi les Écritures ne transforment-elles pas des vies dans des situations où elles sont facilement accessibles ?
• Pourquoi existe-t-il plus d’un milliard des personnes qui n’ont pas accès à la Bible dans leur propre langue ?
• Pourquoi, lorsque les Écritures sont disponibles, ne le sont-elles très souvent que sous la forme de texte écrit ?
Ces questions sont-elles les plus importantes que nous devrions nous poser face à la gravité de la déficience de connaissances bibliques ? À votre avis, faudrait-il ajouter une question supplémentaire, enlever une des questions ou en transformer une ? Pourquoi ?
2) Quels exemples d’une déficience de connaissances bibliques voyez-vous dans votre village, ville ou région ?
3) Quelles sont certaines des barrières auxquelles des personnes doivent faire face pour avoir une interaction avec les Écritures là où vous vivez ?
4) Quelle est l’attitude de Dieu vis-à-vis des personnes marginalisées du monde et les langues qu’elles parlent ?
Équipe de ressources multiplex
« L’Écriture Sainte dans la mission : Enrayer la déficience de connaissances bibliques »
Dr. Michael G. Bassous, Liban, Société biblique du Liban
Dr. John Bendor-Samuel, Royaume-Uni, autrefois avec « Wycliffe International » et le « Forum of Bible Agencies International »
Lucia Cheung, Hong Kong, Ligue pour la lecture de la Bible
Ravi David, Inde, Groupes Bibliques Universitaires
Dr. Rev. Lloyd Estrada, Philippines, « Wycliffe Bible Translators » Asie
Richard Luna, Colombie, « One Hope »
Dr. Fergus Macdonald, Royaume-Uni, autrefois avec « United Bible Societies » et le « Forum of Bible Agencies International »
Dr. Michel Kenmogne, Cameroun, « Cameroon Bible Translation and Literacy Association »
Todd Poulter, États-Unis, « Wycliffe Bible Translators International »
Saju George John, Inde, « New Life Computer Institute »
Rev. Sun-Chang Kwon, Corée, « Wycliffe Bible Translators International »
Naomi Swindon, Australie, Ligue pour la lecture de la Bible
Chantal Tehe-Boa, Côte d’Ivoire, Groupes Bibliques Universitaires
Dr. Rev. Erní Walter Seibert, Brésil, Société Biblique du Brésil
Coordinateur : Dr. John Watters, États-Unis, « Forum of Bible Agencies International (FOBAI) »
© The Lausanne Movement 2010
[1] Voir « United Bible Societies » à http://www.biblesociety.org/index.php?id=22
2 Voir http://www.wycliffe.org/About/AssociatedOrganizations/WycliffeInternational.aspx
3 Voir « Ethnologue » à http://www.ethnologue.com.
Français Translation by: LGC_Translation
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Mots-clés: L’Écriture Sainte, la mission
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États-Unis
What an awesome article on Bible poverty and how many who don’t have access to the gospel go unoticed. Also, as it relates to Bible poverty in the context of the United States, there are many who are extremely poor when it comes to Biblical truth and when it comes to access to good teaching and interpretation of scripture. It’s one thing to have the word of God, it’s another to have a good teacher walking you through the gospel.
07.05.2013
États-Unis
Thank you for a very informative paper. However, It is a serious problem when, according to the article, more than one billion people don’t have adequate Scripture written in their language.
03.07.2011
Gabon
Je bénis le Seigneur pour cet excellent article, surtout pour le caratère pratique qui l’entoure. mais j’ai remarqué que l’auteur signale qu’il n’existe pas de portion de texte biblique pour les Fang du Cameroun. Je suis Fang du Gabon et je sais qu’il existe au moins deux versions de la Bible entière en fang: une en Bulu pour les Fang du Cameroun et une dite "en Fang" pour ceux du Gabon". Je me permets donc de contester cette assertion, à moins de préciser le dialecte fang dont on voudrait parler. Car, il faut reconnaître que ce groupe ethnique est grand (il s’étend sur au moins 4 pays d’Afrique centrale) et comprends plusieurs dialectes. je vous remercie.
14.10.2010
États-Unis
@ Nesmy:
Merci Nesmy pour ton commentaire sur la langue fang. J’ai appri quand je suis arrive au Cameroun en 1973 que la langue bulu au Cameroun et la langue fang au Gabon ont une bible traduit dans leur langue. La reference dans cette article concerne le "befang" qui se parle dans le nord-ouest du Cameroon. Cette une petite langue vraiment differente que la langue bulu ou fang.
Thank you Nesmy for your comments on the Fang language. I learned when I arrived in Cameroon in 1973 that the Bulu and Fang languages each had a Bible translated into their language. The reference in the article concerns the "Befang" which is spoken in the North West Province of Cameroon. This small language is truely different from Bulu and Fang.
18.11.2010
Gabon
@ Nesmy: Merci Nthobamba pour cet éclaircissement. J’ai déjà entendu parler des "Befang"et je comprends mieux la pertinence de l’affirmation de l’orateur. Je crois donc que soit j’ai mal lu, soit la version française du document porte quelques coquilles. Shalom!
19.11.2010
États-Unis
I appreciate the depth of passion reflected in this insightful paper. "The lost" can often be a faceless mass - thank you for helping us see them and begin to enter their world.
I also love the prophetic word to those of us in the west. I am appalled at the biblical poverty in my own community and the resistance to address it. It seems like everyone wants to eat spiritual fast food rather than feast on the Word.
13.10.2010
Australie
Thanks for your great work with this article ... so many angles on Bible poverty, each requiring such diverse responses.
29.09.2010
États-Unis
Thank you for your good information to make us think through the questions you have posed. It is indeed unfortunate that we in the US are "starving" and do not realize it. The living Word of God is so available and yet we do not take the time to read it.
I believe that reading the word and hearing the word are both important. We all have different learning styles and some do better with the spoken word. We’ve recently given out CD copies of the New Testament to our congregation, produced by Faith Comes By Hearing - they also produce and distribute the Proclaimers which are solar powered recorders of the Scripture in the languages of people groups that have been translated by Wycliffe Bible Translators to be used in villages without electricity and without literacy.
Our hope for our CD distribution, is that our people will listen to the Word and begin applying it to their lives. In addition, my hope is that they will also then open their actual Bibles and read the living Word in their homes and offices. Using technology such as the Bible apps for phones may also help.
But, is it not really a heart issue with us in the West? Why have we allowed the enemy to use our "laziness" for reading the Scriptures to become one of his most powerful tools? Until our people hunger for the Word of God, until it becomes the most important thing in their lives besides prayer to our Father, we will continue to "starve" even though the food is right there in front of us.
Wake up brothers and sisters! We need to examine our hearts. How many of you today read your Bibles? How long did you read them and how will you apply what your read? Have you spent more time on the computer reading through these documents, than you have with our Lord?
26.09.2010
Chine
Thank you for your article and insightful views. I agree with you that the linguistic and cultural identity of a minority culture can be misunderstood by its surrounding majority cultures. However, while it may be true that many ethnic minorities cannot speak the language of wider communication (LWC) well enough to understand the bible, there is substantial language shift in some parts of the world, where younger people who are schooled in the LWC can speak the LWC and their own minority languages equally well. More language survey needs to be done to ascertain the prevalence of this phenomenon.
25.09.2010
États-Unis
I am grateful for the careful thinking and multiple perspectives that are incorporated into this article. I especially appreciated the recognition of the needs of the blind and the deaf as we work towards providing greater access to Scripture for each person. The insightful recognition of the barriers was quite good.
I wish the article had given a bit more attention given to the beauty, power, authority, and goodness of the Scriptures. I also wish there had been more recognition of the tremendous progress that has been made in developing new translations and formats of the Bible over the centuries.
Some further questions:
What if Bible publishers in wealthier countries added $1-5 to the cost of some versions of their Bibles and advertised that this surcharge will be donated to Bible translation agencies? This is parallel to the fair trade and green/environmental consumption movements.
How can smaller church communities be networked together to advance Bible translation in their area? Many smaller churches might (rightly) feel underresourced for this task and need facilitation to partner with others for Bible translation in their city or area.
Thanks again for the thoughtful article.
14.07.2010
États-Unis
@ Carson_Weitnauer:
Hi Carson, You point out some very important matters that could have been included in the article: the qualities of the Scriptures and the progress made in Bible translation especially over the past two hundred years. The challenge in writing the article was to provide a clear focus within a limited number of words. There is so much that could be said about the extraordinary nature of Scripture and about God’s blessing us with Scripture in over two thousand languages and multiple formats and media.
Your idea about a parallel to the fair trade agreements is a good one. The publishers of the New Living Translation (NLT) have for years given something like 10% of the purchase price of their Bible to the wider Bible translation cause. Other agencies raise funds specifically to subsidize Bibles in languages with smaller populations. Other agencies use income from their English translations to help meet the costs of Bibles for smaller languages. But much more could be done, and the explicit, public program you suggest could raise significant revenue for those places where Bibles are still too expensive.
The networking of smaller churches to make a difference in their city or region is a wonderful dream. Together they could bring resources to the task at hand in ways no one of them could do alone. I trust at the Congress many will catch the vision you have for smaller churches joining hands in just this way and for this purpose.
Ntobhamba
21.09.2010
États-Unis
I found the discussion of how "entertainment" distracts from Scripture fascinating, and I would add my $0.02 by addressing the topic of popularity in regards to Scripture.
I have found that it is generally unpopular to believe in God, Jesus, and The Holy Spirit, let alone hell and the enemy. I personally have several friends who are immersed in vague-spirituality as you mentioned above, and the issue of "openmindedness" is always brought up. The question at had (at least for me) is ’how can we teach how Jesus is the Way, the Truth, and the Life in an increasingly pluralistic society?
Great article, by the way.
15.09.2010
Ghana
I recently read in Lausanne Worldpulse that only 138 language groups have no Christians and no portion of the Bible in a language they understand. This seems like a cause for rejoicing. How important is it that the Bible be translated into each language? A discussion of priority languages might be a worthwhile insertion into your paper. Thanks!
13.09.2010
Brésil
Muito interessante e desafiador este artigo! Num primeiro momento causa incômodo, pois vivo num país com liberdade religiosa, com mais Bíblias do que o número de habitantes brasileiros e com versões diversas, o que demonstra nossa pobreza bíblica, pois muita transformação já deveria ter acontecido em prol do Reino, ainda que o número de evangélicos nos país tenha aumentado. Por exemplo, apesar de tantas Bíblias, existem vários povoados esquecidos, ainda não alcançados pelo Evangelho no nordeste brasileiro, onde não há acesso à Palavra de Deus: quilombolas, indígenas, sertanejos. Somente o agir do Espírito Santo de Deus é capaz de tocar corações que se disponham a ir a estes povos mais simples. As pessoas estão cada vez mais fechadas em seus mundos, egoístas, e isso afeta inclusive muitos pastores e missionários que acabam acomodando-se em igrejas que lhes pagam bons salários. Mas louvado seja Deus que ainda há os que abrem mão de conforto para servir! Mas a seara continua sendo grande...
No nordeste, o catolicismo voltado à idolatria à Maria, Padre Cícero, Frei Damião e inúmeros outros ‘santos’, é uma barreira à erradicação da pobreza bíblica, pois não é interessante para a Igreja Católica abrir os olhos das pessoas quanto a tantas mentiras. As pessoas, envolvidas nesta cegueira espiritual, não tem dificuldade em aceitar a Jesus Cristo, mas tem em abrir mão dos outros deuses. Claro, muito têm mudado, pessoas têm sido convertidas ao Evangelho, graças à ação do Espírito. Mas ainda há muito por fazer.
Que Deus ajude a Igreja Brasileira a ser sal e luz nessa realidade, de forma a deixar-se ser impactada por Ele e a impactar os que nos cercam, começando em nossa nação, até os confins da terra.
09.09.2010
États-Unis
I put the BIBLE on a graph, the simple reason is for the realization that most people in the world aren’t wealthy, educated, and living as securely as us WASP’s.
The other thing is that by the use of color instant
recognition can be understood between the dark and the light; Matt. 6:27&28. It builds upon dark/light as a theme and leads towards having the "mind of Christ" and the power given to believers; John 1:12.
Write to me at preston.mathews@att.net for more info and the graph’s.
Preston
Pièces jointes téléchargeables
05.09.2010
États-Unis
Version:1.0 StartHTML:0000000175 EndHTML:0000004833 StartFragment:0000002361 EndFragment:0000004797 SourceURL:file://localhost/Users/lkeeney/Desktop/Advance%20paper.doc
Of the three major questions listed on page 2 of this advance paper, question #1 deals with why various cultures aren’t able to understand the scriptures when they are available, while questions #2 and #3 deal with the more practical (and in some ways easier) issue of how to get the scriptures to people who don’t have them. The first question requires that we investigate seemingly esoteric things like post-modern philosophy, the nature of truth, and how (not to mention why) 21st century culture should interact with an ancient narrative.
Being from a country that has plenty of access to scripture, my personal experience with Bible Poverty has fallen exclusively into the why category. Many of the believers that I know are uncomfortable with exactly how to read the Bible because it seems so foreign to them. In addition, some suffer from the consumerist attitude that if something doesn’t provide instant, practical advice that improves their lives, it’s not worth their time. At the other extreme, my agnostic friends lump the Bible in with all things labeled “Christian” as irrelevant to the 21st century and consider themselves very open-minded and tolerant because they subscribe to the idea that all paths lead to God.
While all three of the major questions listed on this paper are certainly relevant, it may be helpful to make question #1 a separate topic of discussion from the other two, especially when diving into the complexities of the modern and post-modern worldviews that make engaging the Bible so challenging.
22.06.2010
États-Unis
@ LCKeeney: Hi LC Kenney,
Thanks for your response. Sorry it has taken me so long to respond.
I would agree that there are important differences between the first priority and the other two priorities. Certainly the first priority calls for special attention along the lines you suggest. The other two priorities can appear to be simply matters of pragmatics.
The driver that brings the three priorities together is that they relate to three major contexts around the globe in which people are kept from accessing the Scriptures. Another thing that brings them together is that they all involve social assumptions or values: in the first case negative values assigned to the Scriptures, in the second negative values assigned to the people who speak minority languages, and in the third negative values assigned to those who cannot read. These values can lead to conclusions such as "Why bother with an ancient text?" "Why bother with languages spoken by small numbers of people?" "Why bother with people who cannot read?"
Ntobha mba
19.08.2010
Australie
This paper, in addressing Bible poverty, ecourages the promotion of Scripture, the authoritative sacred text for Christians and raises its profile. Some of the barriers have been identified. There are several others that contribute to Bible poverty, particularly in the western world.
The first is the selectivity with which Scirpture is read due to the influence of one’s own cultural biases, assumptions and perspectives. A good example is how the influence of affluence impacts on the way people see the place of the poor in Scripture, despite the 2,000 references there are in the Bible. I wonder what other areas of selectivity there are? Often there is a ’blind’ spot to such issues.
Therefore we need to have the whole picture from Genesis to Revelation. This can be communicated through narrative and experiential activities. I present a 45 minute session where there are 5 stations which participants engage with - the creation scene, building a tower to represent Babel, images of Mt Sinai, a cross and a throne with a crown - as they journey through the narrative it becomes more real for them.
Another issue is the way the Scriptures are taught, particularly in small groups. The empwoerment of believers to read and study Scripture is vital so they gain the confidence to do so through the leading of the Holy Spirit rather than be passive and rely on the teaching coming from particular leadership. This can promote a rigourous engagement with the text in light of the context.
It is pleasing to see the strong emphasis on Bible translation. Dynamic equivalent ones are important as this helps believers to want to read Scripture and engage with it. Also it will aid the sustainability of the indigenous faith communities and prevent them blowing with the wind as they are confronted by popular and trendy theological teaching or programs. It will help them address faith issues that can be perceived to be syncretistic. This applies just as much in the western world as the majority world.
This multiplex will be very interesting in Cape Town.
12.08.2010
Australie
This paper, in addressing issues related to Bible poverty, encourages reflection on the importance of ensuring this authoritative sacred text is able to influence the lives of believers in all areas of Christian life, not just selected areas that are popular and trendy, which is another area of biblical poverty. One area for western believers where there is selection relates to God and the poor. The cultural eyes arising from affluence influences this. What are the areas for the majority world believers in which cultural systems impact on the selectivity of reading Scripture?
Another barrier that needs to be overcome is the way Scripture is used in educating believers and discipleship. The big picture of Genesis to Revelation needs to be painted and told, not just orally but through drama and experiential learning. I do a 45 minute session using 5 stations and walk the groups through a creation activty, building the Tower of Babel, imagining being on Mt Sinai, taking the cross to scattered people groups and assembling around the throne. This is very powerful.
Believers need to be empowered and encouraged in reading and studying the Scriptures for themselves rather than rely on what leadership understand the text to mean. A passivity is thus promoted. I appreciate that this is extra difficult in contexts of orality. How can this be overcome?
It is pleasing to see the emphasis on Bible translation globally. This is a significant need if indeignous churches are to add depth to their teaching, theological contextualization and discipleship and become sustainable in thier faith. Christian understanding will become strong and will not blow where the wind may blow, thus withstanding inappropriate and misleading teaching and theology. Having the Scriptures in one’s own language is invaluable and will help empower indigenous believers.
This will be an interesting multiplex at Cape Town.
12.08.2010
Taïwan (RDC)
So sorry about the double posting again. I didn’t know that to add a new comment, I had to leave the website and enter it again. If anyone knows how to delete the duplicated letter please do!
Wanted to add something about Bible translation. I am extremely grateful to Bible translators. However, I would love to plead for my teamwork in terms of how it is done. Let me explain.
Where my brother has served for 8 years there is still not any printed scripture in the local language. There are (sadly) two different translation teams because they couldn’t agree on the name for God (and probably other reasons). So instead of double the work getting done, there still isn’t any.
5 years ago I had the privilege of leading a storying and evangelism training week there. At least 2 of the translators were present. I begged them to translate the Bible in an order that made sense for evangelism. That is, NOT 4 gospels and letters first. I said that from the point of view of evangelism that what is needed is Genesis 1-Exodus 20 and then Luke and Acts. If pushed, I might then suggest the rest of the OT narrative and Psalms/Proverbs before any more gospels and letters. The majority of the world struggles with the abstract thought in many of the letters. The stories cover the doctrine sections.
My begging didn’t achieve anything. Both teams are I believe, still working on the 4 gospels. What will happen when both are released and don’t agree on the name for God?!
The translation story I’ve most been encouraged by lately is for a people group in the western Middle Kingdom. The project manager is not a translator but an evangelist/disicipler. They have a team of people working on 4 books at a time. They did do the NT first but at least they did it quickly and are now doing narratives and Psalms. The outside of the NT is culturally appropriate in colour and decoration. I am sure it is not perfect but at least there is scripture in their language. Sometimes our desire for perfection means that nothing is ever produced. What use is that? I know that if I worked in my brother’s country I would have done my own translation of the story sections and the 4 books suggested above and self-funded their printing, just so that the people had something to get started reading once they’d heard the Bible stories.
05.08.2010
Taïwan (RDC)
Thank-you for your article. I have decided to attend your elective because your article was far more practical that some of the others, even though it wasn’t my first preference for topic.
* In my context (town of 50,000 in southern Taiwan), people don’t read the Bible for these reasons.
1) The would never think it had relevance to them because no one has ever shown that it does and they have their own religion
2) Even if they were interested it is a scary looking book to people that don’t read (black, plain cover, no pictures except the Good News Verion -which is the one I use) and small characters (I get lots of complaints about that) and about 5 cm thick. For people who are often functionally illiterate (not choosing to learn by reading and who have probably never read a book in their lives) it is too daunting.
Here are some things we’ve done to help:
a) Have prepared scripture portions with a nice picture on cover and using larger characters, Good News version with line drawings and cut out the chapter/verse numbers. The one I give out most often is Genesis 1-3. I almost never just give it out, but rather open it and read the beginning with them to give them confidence that they can.
b) I have a set of 7 comic books covering the main narrative sections of OT and NT and with which I’m about 90% happy -the author had a difficulty with sin in his heroes and so renders the Samuel/Kings one nearly unusable by leaving out the David & Bathsheba story and in my mind thus making David perfect. Same with Abraham but all others are great. Many of the locals love reading these.
c) To deal with all issues, we start with Bible story telling first. So we work to convince people that the Bible is relevant and interesting. Then over time the other problems solve themselves. I generally find that people will go on to want to read the Bible. Some start with scripture portions and comics and others jump straight to an ordinary Bible.
Unfortunately many local churches insist on the older version and this limits their ability to communicate. The Bible is often taught in abstract, non-relational ways. They bore me and so I’m not surprised that non-Christians aren’t attracted! As I’m always pointing out the Great Commission no where commands us to provide entertainment to attract people IN. Rather, we are commanded to GO OUT.
I will be doing a ’dialogue session" (seminar idea) on storying and "evangelism everyone enjoys -especially the unbeliever" at the convention.
05.08.2010
États-Unis
Under the first question, the last two barriers were left open to suggestions for bridges. I’d like to offer some thoughts on the first of those, “Beliefs about what can be known.”
This label describes a spectrum of people ranging from those who might embrace a philosophy of severe epistemological skepticism to those who feel merely a vague agnosticism when it comes to ultimate Truths. Such a philosophy – at whatever level it exists – poses but the first part of this problem. The second is this: skepticism at any level implies unfamiliarity with Truth: it is far easier to convince me that there is no such thing as a hippopotamus if I have never encountered one. The same, I think, is true of Truth.
The bridge must answer both problems. We must be willing to dialogue philosophically with our neighbors to the degree that philosophy is pertinent. (which may be high or low, and philosophical objections to knowledge can sometimes be a front) We must do so in a way which transcends a modern notion of ‘apologetics’ and encourages discussion about the nature of Truth. (K. Kandiah’s article, “Rethinking Apolegetics with Newbigin” offers excellent reflections on this.) Our answer to the problem must also present Biblical Truth in a way such that it is recognizable as Truth – I suggest in the form of a transformed community which proclaims the Bible: first proclaiming within the community, one-to-another in joyful abundance, and then overflowing to proclaim to others outside the community. This act of Bible-transmission becomes, itself, the demonstration of the Bible’s truth, evidenced in a transformed community. In any method, proclamation to this demographic should not merely assert the truth of Scripture, but its manner should testimonially demonstrate it as well.
04.07.2010
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