Auteur: Ethnicity and Identity Advisory Group
Date: 31.05.2010
Category: Réconciliation
Note de l’éditeur : Cette communication préliminaire pour Cape Town 2010 a été écrite par Dewi Hughes pour servir de synthèse du sujet qui sera discuté lors de la session multiplexe sur ‘Ethnicité et identité ’. Vos réponses à cette communication, par le biais du Forum mondial du mouvement de Lausanne, seront transmises aux auteurs et à d’autres pour les aider à peaufiner leur présentation finale pour le congrès.
Quand une session sur l’ethnicité commence en demandant à l’auditoire quels sont les premiers mots qui viennent à l’esprit en entendant les vocables ‘ethnique ’, ‘ethnicité ’ ou l’expression ‘identité ethnique ’, ce qui revient le plus souvent est ‘conflit ’. En fait, la majorité des mots cités sont négatifs. Il n’est donc pas surprenant que de nombreux chrétiens évangéliques voient l’ethnicité comme un élément de l’identité humaine qui est dangereux et/ou source de discorde et dont il vaut mieux minimiser l’importance voire éviter d’en parler. Et pourtant de nombreux chrétiens aiment leur identité ethnique et la considèrent comme un don de Dieu.
Avant d’examiner ce qu’en dit la Bible, quelques définitions pourraient être utiles.
Définir l’ethnicité : Les définitions suivantes sont le reflet de la pensée actuelle.
La translittération de la forme plurielle du mot grec ethnos est ethne, traduit par ‘nations ’, ‘païens ’, ‘peuple ’, ‘non-juifs ’ ou ‘non-croyants ’ dans les bibles françaises. Nous utiliserons, pour cette dissertation, ethnos [au singulier] et ethne [au pluriel] comme des mots français.
Ethnos – Une collectivité empreinte de la conscience d’être un peuple distinct de tous les autres et ayant les caractéristiques suivantes :
‘Minorités ethniques ’ - Ethne qui pour des raisons diverses et variées, comme la migration ou le déplacement imposé (esclavage), sont dispersées dans un État.
‘Minorités nationales ’ ou ‘populations autochtones ’ - Ethne qui ont subi l’oppression et la marginalisation dans leur territoire ancestral.
À la lumière de ces définitions, le terme ‘nation ’ pose problème, surtout en regard de son usage habituel. Par exemple, beaucoup parlent du Royaume-Uni comme d’une ‘nation ’ alors que, selon les définitions données ci-dessus, le Royaume-Uni est un pays ou un État constitué de trois minorités nationales ou populations autochtones, d’une majorité nationale dominante et de nombreuses minorités ethniques. Selon ces définitions, un ‘État-nation ’, au sens d’un État gouvernant sur une nation donnée, est quelque chose de rarissime. La Corée (du Nord et du Sud) et le Lesotho sont de rares exemples d’États qui épousent presque exactement les limites d’un ethnos individuel.
Une majorité écrasante des États du monde comprennent plusieurs ethne, bien que, dans nombre d’États pluriethniques, un ethnos soit dominant. À titre d’illustration de ce que veulent dire ces définitions pour un État donné, il serait peut-être utile d’étudier l’exemple typique de l’État postcolonial suivant :
Ouganda – État où vivent plus de 50 ethne, répartis en quatre groupes principaux. Le groupe le plus important est celui des Bantous dans la moitié sud-est du pays. Il constitue plus de 60% de la population et représente près de la moitié des ethne présents dans le pays. L’ethnos le plus important est constitué par les Baganda, qui dominent sur la région entourant la capitale Kampala. Cependant, le peuple Baganda représente moins d’un cinquième de la population du pays. Les Baganda sont plus de deux fois plus nombreux que tous les autres ethne bantous pris isolément, bien que certains d’entre eux, comme les peuples bakiga, banyankole ou basoga aient une population voisine de deux millions. Le deuxième groupe par la taille est celui des populations nilotiques, concentrées dans la moitié septentrionale du pays et composant à peu près un quart de la population. Ce groupe est divisé en 18 ethne dont les Iteso, les Acholis et les Karimojong. Le troisième groupe, qui ne représente que 5% de la population, est celui des ethne soudaniques du nord-est du pays. Mais ces populations se répartissent elles aussi en huit ethne. Le dernier groupe, environ 2% de la population, est composé d’immigrants des pays voisins et d’une collectivité asiatique en pleine expansion.
Les ethne dans la pensée moderne
Selon les historiens modernistes et les philosophes politiques occidentaux, le schéma d’’État-nation ’ qui caractérise le monde moderne est né au dix-huitième siècle quand la philosophie politique du Siècle des Lumières a été appliquée à la formation des États-Unis d’Amérique et à la France post-révolutionnaire. La liberté et l’égalité qu’offraient ces deux nouveaux États-nations étaient l’égalité pour entrer dans le processus politique et la liberté d’entreprendre une activité économique. Abandonner les distinctions ethniques faisait partie du prix qu’on pensait devoir payer pour cette liberté et cette égalité. C’est pourquoi, aux États-Unis, la liberté et l’égalité ont été refusées aux Indiens d’Amérique en tant que tels. En France, les Bretons et les Basques, par exemple, qui avaient conservé leur identité au sein de l’État français monarchique, ont été brutalement étouffés par la fraternité des révolutionnaires. Le même schéma a été suivi quand d’autres États européens ont adopté le schéma du Siècle des Lumières. Le Royaume-Uni a connu un renouveau du mouvement visant à étouffer l’identité irlandaise, écossaise et galloise.
Jusqu’au milieu du XXe siècle, on croyait faire preuve d’altruisme en éliminant des caractères ethniques distinctifs. La diversité était considérée comme un obstacle au développement d’une société démocratisée et industrialisée qui seule conduirait à une plus grande prospérité et un plus grand bonheur pour une proportion plus grande de citoyens. Une conviction était sous-jacente à tout cela : les principaux besoins de la population sont physiques et, quand ils verront les bienfaits de l’uniformité, les gens seront on ne peut plus heureux de se délester de leur identité ethnique. Ce credo politique moderniste prédisait la fin de l’identité ethnique dans le sillage de ses accents sur les droits égalitaires de chaque citoyen de l’État, quelle que soit son identité ethnique, et de la croissance correspondante de la prospérité matérielle pour chacun de ces citoyens. Mais, ce n’est pas ce qui s’est passé.
C’est sur ce credo politique que les États post-coloniaux ont été fondés. Leur indépendance avait pour prémisse l’élimination des caractères ethniques distinctifs. Cette prémisse étant donnée, il n’est pas surprenant qu’on attribue l’échec de nombreux États-nations post-coloniaux à leur ethnocentrisme ou tribalisme.
Cependant, depuis le milieu du XXe siècle, le paradigme moderniste s’est modifié, surtout dans les pays occidentaux. Le multiculturalisme, qui est beaucoup plus positif à l’égard des caractères ethniques distinctifs, est devenu une politique nationale dans de nombreux pays. En Europe, il a conduit à accorder une mesure d’autonomie à certains ethne autochtones comme les Catalans en Espagne ou les Écossais au Royaume-Uni. Ce pourrait être le commencement d’un paradigme post-moderne de l’État-nation en Occident.
Les ethne dans l’histoire biblique de la mission de Dieu
Le livre biblique des origines (Genèse 1-11) s’achève sur un récit des origines des ethne (Genèse 10.1-11.9). En Genèse 10, l’existence des ethne est considérée comme la conséquence directe de l’obéissance pratique au commandement que Dieu a donné aux êtres humains à l’origine : multipliez-vous et remplissez la terre.[1] L’accomplissement de ce commandement est interrompu à deux reprises. La première interruption est celle du déluge qui détruit la plus grande partie de l’humanité. Après le déluge, Dieu énonce à nouveau son commandement au genre humain : ‘soyez féconds, multipliez-vous et répandez-vous en grand nombre sur la terre. ’[2] La preuve que ce commandement s’est réalisé se trouve dans l’histoire des nations, relatée en Genèse 10. Au fur et à mesure de la croissance en nombre des familles des fils de Noé, différentes pressions sociales, économiques et autres ont poussé certains clans à partir à la recherche de nouveaux territoires pour s’y installer, où ils auraient une vie meilleure. Très tôt dans l’histoire de l’humanité, certains ont même, dans cette recherche, franchi la mer[3] de sorte qu’avec le temps, des peuples distincts sont nés et ‘se sont répartis par pays selon la langue et par tribus dans chaque nation. ’[4]
Quand on lit les discussions des universitaires sur le sujet, il est intéressant de constater que les ‘nations ’ de Genèse 10 correspondent très étroitement aux traits principaux des ethne. Une grande partie des noms cités en Genèse 10 se situent quelque part entre le nom propre d’un groupe ethnique et le nom d’un ancêtre. Par exemple, Gomer, fils de Japhet, est le nom propre d’une peuplade indo-européenne qui vivait au sud de la Russie et Madei ou Mèdes est le nom propre d’une peuplade indo-iranienne.[5] Du verset 8 au verset 12, la généalogie s’interrompt pour raconter l’histoire de Nimrod, l’un des descendants de Kouch, fils de Cham, qui a fondé Babel (ou Babylone) et Ninive en Mésopotamie. C’est un bon exemple du style de souvenir historique qui forme une identité ethnique. La diversité des langues qui a suivi la dispersion est mentionnée après la généalogie de chacun des fils de Noé, tandis qu’un certain nombre des noms qui figurent dans les listes sont également des noms de territoire. Mitsraïm/Égypte, Seba, Havila et Dedân sont des exemples de territoires connus. Le seul trait de la liste dont Genèse 10 ne se fait pas clairement le témoin est le sentiment de solidarité ; mais, là où les cinq autres facteurs coexistent, la solidarité est inévitable.
Le récit de la formation des ethne en Genèse 10 est complété par le récit de la tour de Babel en Genèse 11.1-9. Les événements qui se sont déroulés à Babel nous apprennent que ce qui semblait un processus parfaitement ‘naturel ’ en Genèse 10 était en fait profondément influencé par la méchanceté des êtres humains.
La construction de la tour de Babel est la deuxième interruption dans le récit de la dispersion de l’humanité. Dans les premiers temps de l’histoire qui suit le déluge, nous voyons que les êtres humains ont une même langue et se déplacent vers l’est d’Ararat jusqu’à ce qu’ils arrivent à la grande plaine fertile de la Mésopotamie. Ils s’y installent et se multiplient en nombre et en savoir-faire. Pour se faire un nom, ils entreprennent de construire une tour dont le sommet atteindra jusqu’au ciel. C’est probablement la première déclaration d’un empire dans l’histoire humaine avec, dans le cas présent, une ville qui cherche à dominer le reste de l’humanité et, ce faisant, à usurper une position qui n’appartient qu’à Dieu seul. La cité et sa tour voulaient également être un centre magnétique de pouvoir qui empêcherait les peuples de s’éloigner les uns des autres et par conséquent de remplir la terre comme Dieu l’avait voulu. Voyant qu’une humanité unie autour d’une seule langue aurait une capacité sans limites de rébellion, Dieu a brouillé leur langage. Il a ainsi mis un terme à leur capacité à communiquer librement et à coopérer mutuellement pour s’opposer à la volonté de Dieu. Leurs capacités à comprendre et à communiquer entravées, leur capacité à s’opposer à Dieu et à sa volonté était sapée. Sans se comprendre, impossible de collaborer. Alors la tour a été abandonnée et l’humanité a été dispersée dans toutes les directions ‘sur toute la terre ’. Le résultat final était précisément ce que Dieu avait voulu à l’origine pour la race humaine, c’est-à-dire que toute la terre soit remplie de peuples ayant une diversité ethnique. Quand on médite sur Genèse 10 et 11 en même temps, une conclusion s’impose : la formation des ethne différents faisait partie de la providence de Dieu, mais ce processus a été gâché par le péché, comme tout le reste depuis la chute.
Il y a un contraste frappant entre le récit de la tour de Babel et le début de l’histoire de la rédemption : l’appel et la vie d’Abraham. Les Babéliens avaient décidé de rendre leur nom célèbre et étaient prêts à empêcher le développement des ethne pour parvenir à leurs fins. Dieu allait donner à Abraham une renommée et, ce faisant, apporter la bénédiction aux peuples de la terre. L’oppression ou élimination des ethne est la façon de faire de Babel et l’antithèse absolue de la bénédiction voulue par Dieu pour elles par l’intermédiaire de la descendance d’Abraham, Jésus.
Des passages de l’Écriture, comme Deutéronome 2.9-12, 19-23 ; 32.8 ; Jérémie 18.1 ; 27.1-7, témoignent du contrôle souverain que Dieu exerce sur les ethne.[6] Dans le Nouveau Testament, Paul affirme, dans son sermon aux intellectuels athéniens de l’aréopage, que tous les peuples descendent en fin de compte d’Adam et que Dieu a contrôlé et continuera de contrôler leur formation, leur extension géographique et leur mort.[7] La souveraineté de Dieu sur les ethne signifie tout d’abord qu’à long terme, les nations ne sont pas des entités permanentes. Elles commencent, grandissent, s’épanouissent et meurent tout comme les êtres humains. Il n’y a donc pas de place pour un absolutisme idolâtre de l’ethnos comme ce que l’on trouve dans le nationalisme idéologique. Deuxièmement, Dieu a un dessein moral dans la façon dont il traite les ethne/nations. Par exemple, la repentance peut sauver une nation de l’oubli (Jérémie 18.7-10 ; Jonas 3) et une nation peut être utilisée par Dieu pour punir une autre nation de ses péchés – bien que cette dernière idée ne devrait jamais servir à une nation pour justifier ses actes d’agression ou de guerre contre un autre peuple (Deutéronome 9.4-5).[8]
Le Nouveau Testament met l’accent sur deux thèmes supplémentaires dont les racines plongent dans l’Ancien Testament. D’une part, les nations reçoivent une invitation à la bonne nouvelle du royaume de Dieu et y sont ensuite accueillies, ce que Deutéronome 2 a prophétiquement présenté, ces nations qui les derniers jours afflueront vers Sion pour présenter leurs offrandes à Dieu.[9] L’apogée de cette prophétie de l’Ancien Testament est ensuite présenté dans la vision de la gloire céleste donnée à Jean en Apocalypse 21.24-22.5. D’autre part, comme un thème en contrepoint, les nations conspirent ensemble pour détruire le royaume de Dieu. Une fois encore, le livre de l’Apocalypse renvoie l’écho de la prophétie de l’Ancien Testament. Il dépeint cette conspiration comme la bataille d’Harmaguédon, une lutte finale entre un empire temporel qui détruit les ethne et le royaume de l’Agneau qui bénit les ethne. Jusqu’à ce conflit final, il ne devrait y avoir aucun doute sur nos aspirations en tant que disciples de l’Agneau : nous sommes appelés à bénir les ethne et non à les détruire.
Apocalypse 7.9 nous livre un tableau magnifique de l’essence de l’enseignement biblique sur les nations. Jean voit des gens de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue, tous vêtus de tuniques blanches et se tenant debout devant le trône de l’Agneau. Tous les ethne seront unis en Jésus et dans sa justice / sa droiture. Cependant, cette unité ne détruira pas leurs caractères distinctifs, car ils seront honorés et reconnus comme faisant partie de nations /ethne différents. En Jésus le Messie, nous avons une unité qui ne détruit pas la diversité et une diversité qui ne nuit pas à l’unité.
Les ethne dans la théorie et la pratique missionnaires évangéliques modernes
Il n’y a, dans la missiologie évangélique actuelle, aucune vision biblique cohérente de l’ethnicité /l’identité nationale. Ce que nous avons, c’est d’un côté une acceptation sans réserve de la philosophie politique moderniste et de l’autre quelques pratiques missionnaires qui la contredisent. La condamnation fréquente du nationalisme / tribalisme par les responsables évangéliques est une preuve de l’acceptation de la philosophe politique moderniste, tandis que le besoin continuel de traduire la Bible dans toutes les langues est un exemple évident d’une pratique missionnaire qui contredit absolument cette philosophie.
Dans un État-nation moderne, la diversité ethnique est censée disparaître dans le sillage de l’égalité entre les êtres humains et de la prospérité matérielle. Il n’est donc pas surprenant que même beaucoup de chrétiens voient les soi-disant conflits ethniques comme la raison pour laquelle le miracle économique de l’industrialisation ne s’est pas produit à certains endroits et que de nombreux pays, surtout en Afrique, restent embourbés dans la pauvreté. Cependant la cause du problème pourrait bien être la philosophie politique moderne plutôt que l’identité ethnique. En affirmant cela, nous ne faisons pas de l’ethnocentrisme, bien au contraire. L’ethnocentrisme est à la racine de l’État-nation moderniste. C’est pourquoi, même dans un pays comme l’Ouganda, l’État ne peut fonctionner qu’en gardant l’anglais comme l’une des langues officielles, parce qu’il considère l’ethnocentrisme résiduel de l’oppresseur colonial comme plus acceptable que l’ethnocentrisme de l’une quelconque des ethne ougandais. La possibilité de construire un État sur la base du respect mutuel entre les ethne ne semble pas avoir été étudiée.
La stratégie missionnaire des protestants évangéliques consistant à traduir
e la Bible va complètement à l’encontre du point de vue moderniste de l’État-nation. Cette stratégie affirme que communiquer l’Évangile dans la langue d’une personne est essentiel pour une évangélisation efficace. Même si le pragmatisme est la force motrice de quelques missionnaires, apprendre tout simplement la langue d’une personne, de manière à être capable de communiquer un message important, c’est reconnaître la dignité et le sens d’une caractéristique essentielle de l’identité ethnique. Consigner une langue par écrit et traduire la Bible dans cette langue ennoblit incroyablement l’identité ethnique. Les grammaires, dictionnaires et livres ont joué un rôle vital dans la formation et la survie des ethne / nations. Les traducteurs de la Bible donnent aux ethne, si petits soient-ils, une possibilité accrue de survie et de croissance vers une complète identité nationale.
Les ethne, l’Église et la mission – Questions brûlantes pour la discussion
[1] Genèse 1.28
[2] Genèse 9.7
[3] Genèse 10.5 : « Leurs ramifications donnent les peuples des pays de la mer… »
[4] Genèse 10.5, cf. 10.20, 31, 32
[5] Gordon J.Wenham, Genesis 1-15 Word Biblical Commentary vol. 1, Waco:Word Publishers, 1987, pp.216-7.
[6] Pour une bonne analyse du passage de Deutéronome 2, se reporter à Christopher Wright, New International Biblical Commentary, Deuteronomy, Carlisle : Paternoster, 1996, p. 36. Deutéronome 26.19 ; Job 12.23 ; Psaumes 22.28-29 ; 47.9 ; 86.9 : Daniel 12.1 ; Actes 17.26-28 sont quelques-uns des autres passages qui vont dans le même sens.
[7] Actes 17.26-27
[8] op. cit. p. 133
[9] Ésaïe 60.1-11
© Le mouvement de Lausanne 2010
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Mots-clés: l’appartenance ethnique, l’identité, la mission
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États-Unis
When I think about how divided my own city (Atlanta, USA) is, it always saddens my heart. We have a multitude of different cultures, nationalities and ethnicities here and yet, you can go your entire life without having any relationships outside of your own ethnicity. It’s hard for people to want to get out of their comfort zone and take the time to understand/learn about any other culture/ethnicity besides their own.
You brought up some very good questions at the end and I hope and pray that churches and ministries will continue to think about what it all means and how to make certain changes and be willing to take the time to change. Actual application is always the hard part.
I also pray that Christians will continue to seek God’s heart on all of this and that we will be able to see every individual through His eyes. I really do believe we all need our hearts to be in the right place, to see a breakthrough in an area like this. We tend to have so many stereotypes that have been built up, where Satan wants to keep them and they need to be broken down! We all have so much to offer each other, learn from one another and I know it’s on God’s heart for us to serve alongside of each other.
06.10.2010
États-Unis
@ Deborah_M:
Unfortantly Deborah M. there are many cities and towns accross the USA. where people stay with what is considered their own, and it scares some that the way the country looks is changing. It will look this way until we learn to look within people.
27.04.2012
États-Unis
I enjoyed reading this paper, however I would like more information particlaurly on this statement: "Given the premise it is not surprising that the failure of many of the post-colonial nation-states is blamed on its ethnocentricism or tribalism." I am curious as to how these post-colonial states reconcile adapting multiculturalism as a state policy.
07.04.2011
États-Unis
@ PAHayes:
We recently had a presentation on Howard Thurman. And every time he is discussed I’m amazed at how in pre-Civil Rights era he was able to have a multicultural church before the concept was ever considered a reality. We all need to embrace the idea that because we worship the same God we can worship Him in the same building.
17.04.2011
États-Unis
@ PAHayes:
I am in full agreement with you in terms of worshipping in the same building. I believe if we could worship our God with unity in our diversity, a lot of other barriers would disappear.
28.09.2011
États-Unis
Thanks for an eye opening paper! I appreciate the reference to Genesis 11, the Tower of Babel. Your comment that the final outcome fulfilled what God had intended and that was for the earth to be filled with diverse people. Another well made point was how important communication or language is for ethnic identity. Living in a country that has a tendancy for one language yet there is an influx of a different language has made me realize the value of being able to communicate with others who do not speak my ethnic language. Instead of my expectations being for all to conform to my language, I may infact need to learn a new language also.
28.09.2011
États-Unis
In answering the question about Deuteronomy 7:7 in relation to ethnic identity, I believe the word is saying that God’s chosen people have little to do with the actual people and more to do with God, his faithfulness and fulfilling the promises he made.
17.04.2011
Sri Lanka
Ephesians 2:21-22 tells us that we are being fitted together into the Temple or dwelling place of God, the place where God dwells. The question that needs to be asked is, what does this Temple look like? At one time before Jesus the temple was mainly made of a single ethnic group the Jews but now it’s in the process of being built by adding different ethnic groups, bringing with them different cultures, languages, traditions, customs, practices. What would this diverse body or temple look like?
After a bitter Ethnic conflict that spanned nearly 30 years, for us in Sri Lanka the question would be how will the Sinhalese, Tamils, Muslims & Burghers (Eurasians), and expats form this new identity? What would a truly multi-ethnic, multi-cultural yet a uniquely Sri Lankan worship experience look like?
I believe it’s time for the Sri Lankan theologians to forge a new uniquely Sri Lankan identity for the church. Currently a lot of what happens in the Sri Lankan Christian community is largely influenced by the Western practice of Christianity.
13.10.2010
Australie
I really liked this article as it clearly presented matters that have most likely laid dormant in my mind. I really appreciated the clear presentation of God’s sovereign choice of different "ethnos’ - i always saw in this in the Genesis 11-12 narrative, and then in Revelation 5 and 7, but it just jumped out all the more to me as I read.
Perhaps your analysis of the post-enlightenment current nation states and the link with ethnos was helpful. Once again I have always read "nations" in Matthew 28:19 as people groups not 20th century political nations, but your paper made the link all the more clearer.
As a pastor you articulated my quesions: "How can the church model the biblical principle of unity in diversity in the context of ethnic diversity? How can church appointments reflect ethnic unity in diversity? How significant should ethnic identity be in training church leaders?" In Australia, with a growing multicultural environment, these are the questions we in western dominated churcehs need to engage with. There can be a spread of cultrures present in one church community, however, it is, more often than not, not present in the church staff. I know the difference it would make at HBC if we pursued it mroe intentionally. The question goes deeper as the team then has to be able to engage in the same ethnic unity in diversity context. A great step forward, but must be done at a time when the well spring of commitment to a new challenge is full. Bring it on Lord!
06.10.2010
États-Unis
Appreciated your remarks, Brother Bernardi. I think, though that the New Testament teaching is that the enmity between cultures was destroyed at the cross. The fact that the Bible still recognizes distinct cultures as a good thing, are of course the Great Commission, but also the scenes in Revelations 5:9 and 7:9
06.10.2010
Royaume-Uni
Diolch, Dewi (’Thanks’ in Welsh!)
The article is very helpful in indicating how a defective (or absent) theology of ethnicity has contributed to ambiguous missiological practice. In his book ’The Construction of Nationhood’ the late Adrian Hastings emphasises the role of language and religion in the development of the nations. The recognition of minority languages shown in Bible translation can be seen as politically provocative. For example in one south-east Asian country there is government opposition to church-planting among people of ethnic minorites because it is seen as empowering them. This is perceived as politically a threat to the unified state.
You mentioned Uganda. Having taught theology there for six years, there are very good practical reasons why English is the language of education. But there is always then the danger that theological discourse is in the language of the head and not that of the heart.
06.10.2010
Italie
I appreciate the paper about ethnicity and his definition.
I have some perlplexities about the use of the word ethnos today.
I think that, if we link together the bible teaching about ethnos and some modern ideas of the cultural anthropology, we can understand that sometimes ethnicity and the ethnic identity is only a human invention and not part of will of God.
Most of the ethnic problem are not racial problems, but cultural problems that rose during the history of some population.
I think that it is important to understand the difference between the cultural identity that it is always temporary and that can change during the life of and individual and the idea that we are part of a particular group.
Christianity, but also the Old Testament, teaches that under salvation there no cultural differences.
At the same time we have to encounter different culturer, without thinking that sometimes this kind of culture can change.
05.10.2010
France
Thank you for this contribution that made me think about nations, ethnicity, the Bible... And my own country. France is considered a nation-state and has to deal now with multi-ethnic issues. One of the bet definition of a nation by Ernest Renan: "An everyday plebiscit"... I find it interesting, because it connects with the multi-ethnic character of God’s people that deliberately want to connect and live together. Still, we must be careful to consider the term nation in the Bible as something not quite identical with the modernist idea of nation. We must not forgot that even is a relatively small country like France, the ’nation’ was established also through physical and psychological violence: common ennemies and denial of regional identities and tongues. Nation are not a ’natural product’ of history, but also a deliberate project that is always ambiguous. In the same way, shouldn’t we be careful also with the term ’ethnè’? I think this article does it in a good way, focusing on both distinctiveness and unity of the human race. The question lies on the hierarchy of the various identities we are involved in, and the way the Gospel redeems their positive contribution to human life (diversity, dialogue), and crucifying the illusion of the supremacy of the identity that lies primarily on ethnè, or nation, or family. May the christian be workers of peace, not denying these natural/cultural/institutional settings, but placing them below the Gospel that transcends the diversity.
05.10.2010
États-Unis
Thanks, Dewi, for your thought-provoking article. I do tend to agree with the person that commented that our hearts, too, need to be involved in this sensitive topic. Perhaps, too, we may be bringing too much of the political discussion into our considerations. It is certainly true that ethnicity presents a challenge to modern nation states. However, that may not be an issue that we are to get involved with or address. Daily, people pushed, prodded, and pressed Jesus to give political statements. They wanted Him to comment on Roman oppression, on taxation, and on many other hot topics of His day. He persistently refused. When His disciples tried to trap Him to reveal when He would set up His Kingdom (which to them meant ethnic Jews would rule) He again steered them back to discussions on His Kingdom. The Sermon on the Mount provides all the constitutional framework for the Kingdom that we need to address this pressing problem. Our job is to disciple the peoples. That is not possible without first discipling individuals, as Jesus demonstrated. True discipleship will call believers to task for issues of ethnocentrism. If we get that job done first, and Jesus still tarries, perhaps we will have time to address issues such as political self-determination and free market economic models.
03.10.2010
Roumanie
thanks Dewi for introducing this topic. i really appreciate your showing how ethne are not the result of the curse, as is often thought, through the judgment of Babel, but rather, they are part of the fulfillment of "filling the earth."
I also like how you challenge our post-modern facade that claims to value particular ethnicities, while still masking the modern philosophical assumptions that continue to perpetuate powerful/powerless and wealthy/exploited divisions in the world and in the church.
02.10.2010
Malaisie
I live in a multi-ethnic nation - a rainbow nation. We revel in our diversity. Reading the Book of Revelation this is also what we look forward to - a rainbow Church!
02.10.2010
Pays-Bas
Interesting!
Interesting too, that the first word you mention people mention when hearing words related to ’ethnic’ is conflict. For me, the first words coming up are: color(ful), communication, ciothing, speech, interest, etc, and their sound is positive. Is it, because all my life I have been involved with and surrounded by other cultures? As a worker among youth, I also wonder what their first reaction would be? Probably very different in different areas. In many inner city schools children and youth do not know anything else but living with people from all nations. A class may have ten or more nationalities.
In Revelation the nations will be before the throne of God and there will be leaves on the trees for the healing of the nations. Is the word ’ethne’ used here? Last summer at an international youthcamp in Hungary, I discussed culture with a group of (several non-Christian involved) Hungarian youth. The issuse of underlying pessimism came up. At the end of the session I asked them: ’If God would exist - I believe He does - and you could ask Him a question, what would you ask Him for your nation?’ Several answers came. My answer was: a change of heart, from pessimism to hope. At the same moment a big rainbow appeared outside. The kids ran to the window. When they came back, one said: ’i don’t know why, but a rainbow always gives me a feeling of hope of peace.’ I then could explain them some of God. At the end we read Revelation 22, on the healing leaves for the nations. While reading, I wept, there will be healing for the pessimism in Hungary! That moment the Presence of the Lord was there, and they all knew it, whether they understood or not. Our Lord loves the nations and knows them!
The questions at the end are good. In coaching a multi-cultural church leadership team, we are living these questions.
30.09.2010
États-Unis
People from all over the world live in United States. -still more coming. The words like "ethnicity, diversity..." are not just for discussion topics in U.S.
As someone with Asian background, "ethnicity" issue is beyond theoretical level to me. I have been involved in both ethnic & multi-ethnic churches/ministries context for years.
Recently, I had an opportunity to meet some "Native American" Christian leaders. Struggle/experience of "Native American" people is very unique. What would be the meaning of the word "ethnicity/ethnos" to them?
Many churches/ministries are trying to cope with this issue. One of the comments here mentioned "homogenous unit principle (HUP)". We might need a different model/theory in the 21st century. - United States context.
Experience plays an important factor on this issue. My guess is author’s Welsh backgound/experience maybe somewhat related to his concern/commitment/perspective.
Each of us is on a learning process on this issue. -trying to learn what it means, how to cope, - in a real world. beyond theoretical discussion/arguments.
28.09.2010
Italie
Could be this one, the cluster of issues sourronding ethnicity, culture and religion, the locus in which find out a new place, a theological new place, for the vexata quaestio that risks to divide deeply the evangelical world as the problem of Israel?
In this area the problem of Israel, it seems to me loses the eschatological or political (State of Israel) drive that often it carries.
What refections suggest for us, Christian in XXI century, the presence among us, in a problematic form, of an ethnic group as Israel?
28.09.2010
États-Unis
Great article Dewi!
You raised some thought provoking issues. One can see how the pursuit of a nation-state and common language is desireable for governing multiple ethnic groupings. The downside, of course, being that one ethno-linguistic group dominates - and often in an oppressive manner.
Taking the question to how the church should function, I was surprised that you did not mention the Homogenous Unit Principle (HUP) as something to be questioned in the 21st century. This approach to church planting and church growth has been the default standard approach for missionaries and mission agencies since the early 1970’s. I believe McGavran made it clear in his writing that he never intended ethnically-homogenous churches to remain homogenous (especially in urban settings), yet it seems that most of the churches started under this principle remain homogenous. I hope this will be addressed further in our discussions at Cape Town.
The focus on ethnicity, rather than race, is significant too. Many churches (at least in the US) are claiming to be "multi-ethnic" simply because there are people from various ethnic backgrounds who attend. Yet from a cultural and linguistic point of view, those who attend such fellowships are more likley 2nd and 3rd generation children of immigrants born into the dominant language and culture. And therefore, embracing the dominant culture and language is an unspoken prerequisite to joining.
So how can the church of the globalized, urbanized, 21st century avoid the same kind of nation-state political philosophy in church growth? Can the church of Jesus Chrsit model a Christ-exalting unity while honoring each other’s unique ethno-linguisitc heritage? It is interesting to note that the Pentecost event recorded in Acts 2 was not a reversal of God’s division by language. But amazed and astonished they said, "how is it that we hear, each of us in our own native language?" (Acts 2:8).
21.09.2010
Royaume-Uni
Thanks for this Dewi...made me think!
I love the work that New Tribes Mission are doing in this area.
Am particularly interested in and challenged by the following questions:
21.09.2010
Nigéria
This article raises thoughtful questions about how to deal with ethnicity. Obviously, there are positive and negative issues in every issue, including ethnicity. Unfortunately we have probably wobbled on both sides--either ignoring culture or being overly committed to not disturbing culture. Addressing these questions will help to keep evangelical Christians balanced in this important issue.
09.09.2010
États-Unis
Your points about ethnic identity point to the increasing importance of contextualization in the spread of the Gospel. Jesus did not come with a modernist paradigm - He was certainly anything but Modernist! In fact, he enjoined the Samaritan woman to remain within her ethnic culture as a follower of Him. Paul picked up on the same theme of remaining within one’s culture as salt and light. This is not simply a means to an end, but it fulfills God’s plan that the heart of Christ be enfleshed in the skin of every culture. Contextualizing the Gospel to different ethnes allows this.
In order to contextualize effectively, missionaries must learn to take a back-seat coaching role. We must learn to help indigenous peoples lead, and do things within their own cultural style which help the Gospel resonate for them and the other members of their ethne. This may result in forms of worship and prayer that are very distasteful to our own ethne’s ears! But missionaries must lay down their own ethnocentrism, in order to see Jesus incarnate in every nation, with all the surprising - and sometimes uncomfortable - diversity that implies.
18.08.2010
Kenya
@ Mere_B:
Thanks for the above Mere_B. I absolutely agree with the spirit of what you are saying. I would like to suggest a few differences in detail.
I would like to suggest that missionaries should ‘not’ take a ‘back-seat coaching role’. This for various reasons. One, the back-seat is not a good place to learn from. Two, missionaries have power (that is, Western missionaries and their budgets), so if they do not learn, their ‘coaching’ will be misguided. I suggest that missionaries should be ‘right up there’ as much as they need to be. I do not mean ‘push yourself forward’, but ‘don’t shirk’ or be reticent if local people put you up front. That is – testify to Christ whatever …What is important, however, is that the missionary NOT also have charge of a budget. It is a missionary’s budget, I suggest, that often curtails their possibilities of ministering effectively.
If a missionary ’hides’ by taking a ’back seat’ while influencing things, typically using their budget, then they are not setting a good example (do as I do) to ’nationals’. Of course, the advisability of this will vary by context.
You may think I am splitting hairs? I hope not, and if I am forgive me! I am promoting what we call ‘vulnerable mission’, i.e. that some western missionaries should use local languages and resources in their ministry. To see more on this – we have a group here on the Lausanne site. MANY THANKS.
18.08.2010
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