Auteur: Tim Keller
Date: 18.05.2010
Category: Mission urbaine
Note de l’éditeur : Cette communication préliminaire pour Le Cap 2010 a été écrite par Tim Keller pour servir de synthèse du sujet qui sera discuté lors de la session multiplexe sur «Embrasser la mission urbaine mondiale de Dieu ». Vos réponses à cette communication, par le biais du Forum mondial de Lausanne, seront transmises aux auteurs et à d’autres pour les aider à peaufiner leur présentation finale pour le congrès.
Qu’est-ce qu’une ville ?
De nos jours, une ville se définit presque exclusivement en termes de taille de la population. Les concentrations démographiques les plus importantes portent le nom de « grandes villes », les moins grandes sont des « villes », et les plus petites sont qualifiées de « villages ». Néanmoins, nous ne devons pas superposer notre terminologie contemporaine au terme biblique. Le principal terme hébreu désignant une grande ville est « iyr », ce qui désigne tout établissement humain entouré d’une quelconque fortification ou muraille. La plupart des villes anciennes ne comptaient que 1 000 à 3 000 habitants. Dans la Bible, le terme « ville » ne désignait pas tant la taille de la population que sa densité. Le Psaume 122.3 y fait référence : « Jérusalem, tu es construite comme une ville qui forme un ensemble parfait. » (1) Le terme traduit par « ensemble parfait » signifie « étroitement entremêlé et relié ». Dans une ville fortifiée, les gens vivaient à proximité les uns des autres, dans de petites maisons et des rues étroites. En fait, la superficie de la plupart des villes anciennes était estimée entre deux et quatre hectares, avec 100 habitants par hectare. Par comparaison, de nos jours, Manhattan, dans la ville de New York, ne compte que 42 habitants par hectare. (2)
Dans l’Antiquité, une ville était donc ce que l’on appellerait aujourd’hui un établissement humain piétonnier « à usage multiple ». En raison de la densité de la population, on y trouvait des lieux pour vivre et pour travailler, pour acheter et pour vendre, pour se livrer à l’art et le contempler, pour adorer et pour exercer la justice, le tout à distance raisonnable à pied. Autrefois, les zones rurales et les villages ne pouvaient offrir toutes ces possibilités ; aujourd’hui, par contre, les « banlieues » évitent délibérément ce modèle d’établissement humain. Les banlieues, notamment américaines et à un moindre degré en Europe, sont clairement des zones à usage unique : les lieux où l’on vit, où l’on travaille, ou l’on joue et où l’on apprend sont distincts les uns des autres et ne peuvent être atteints qu’en voiture, généralement en traversant des zones potentiellement dangereuses pour les piétons.
C’est la proximité qui caractérise les villes. Elles rapprochent les gens et donc les habitations, les lieux de travail et les institutions culturelles. Elles offrent une vie de quartier et des places de marché, ce qui génère au quotidien plus d’interactions et d’échanges entre les habitants par rapport à d’autres lieux. Voilà ce à quoi faisaient référence les auteurs de la Bible lorsqu’ils parlaient de « ville ».
La mission urbaine dans la Bible
Jérusalem
Plus tôt dans l’Ancien Testament, l’importance rédemptrice de la ville reposait sur le fait que Jérusalem elle-même était un modèle de société urbaine : « la joie de toute la terre » (Ps. 48.2), montrant au monde entier ce que pouvait être la vie humaine lorsqu’elle était vécue sous la seigneurie de Dieu. Beaucoup ont parlé d’un mouvement missionnaire « centripète » à cette époque. Dieu a appelé les nations à croire en lui en les attirant vers la ville afin qu’elles voient sa gloire incarnée en Israël, la sainte nation qu’il avait créée et dont la vie sociale a révélé au monde le caractère de Dieu (Deut. 4.5-8). Toutefois, le livre de Jonas annonce de façon extraordinaire un changement majeur : la mission « centrifuge » du Nouveau Testament, consistant à envoyer les croyants vers le reste du monde. Jonas est le seul prophète de l’Ancien Testament à être envoyé vers une ville païenne afin de l’appeler à la repentance. La déclaration finale de Dieu est frappante : le Seigneur appelle Jonas à aimer la grande ville païenne de Ninive à cause du nombre élevé d’habitants spirituellement aveugles (Jonas 4.10-11).
Babylone
Ce mouvement centripète qui va devenir centrifuge atteint un autre stade lorsqu’Israël est forcé à l’exil. Les Juifs sont emmenés pour vivre dans la ville perverse, païenne et sanguinaire de Babylone. Quel rapport les croyants ont-ils avec un tel endroit ? Jérémie 28-29 expose remarquablement le comportement que les croyants doivent avoir envers la ville. Dieu dit à son peuple « Augmentez…. et ne diminuez pas » (Jér. 29.6) afin qu’il conserve son identité communautaire distincte et qu’il se multiplie, mais il lui demande aussi de s’installer et de s’investir dans la vie de cette cité. Les Israélites doivent construire des maisons et planter des jardins. Et, encore plus étonnant, Dieu les appelle à servir la ville, en leur disant « Recherchez le bien-être de la ville » et « Intercédez auprès de l’Éternel en sa faveur » (Jér. 29.7). Ils ne doivent pas se contenter de faire croître leur tribu dans un ghetto au sein de la ville, mais se servir de leurs ressources pour le bien collectif.
Sacré équilibre ! Les valeurs d’une ville terrestre contrastent vivement avec celles de la cité de Dieu, et pourtant les citoyens de cette dernière doivent être les meilleurs citoyens de leur ville terrestre. Dieu appelle les exilés juifs à se mettre au service du bien commun de la ville païenne. Il a également un objectif très concret : se mettre au service du bien de la ville païenne est le meilleur moyen pour le peuple de Dieu de se développer et de prospérer : « votre propre bien-être est lié au sien » (Jér. 29.7). Dieu n’a pas oublié son plan de salut, l’établissement de son peuple, et c’est exactement ce qui s’est produit. Du fait que les Juifs se sont installés et qu’ils ont recherché la paix de la grande cité païenne, ils ont gagné l’influence et l’effet levier nécessaires pour pouvoir un jour rentrer chez eux et reconstruire leur pays d’origine. Les Juifs sont également restés quelque peu dispersés dans diverses villes du monde, en tant que groupe ethnique cosmopolite et international, devenu un vecteur crucial de la diffusion du message chrétien après Jésus.
Résidents étrangers
Y a-t-il une raison de croire que le modèle pour Israël à Babylone devrait servir de modèle pour l’Église ? Oui. En exil, Israël ne fonctionnait plus comme un État-nation possédant son propre gouvernement et ses lois. C’était une communauté internationale, une contre-culture au sein des autres nations. De nos jours, c’est également ce qu’est l’Église, comme le reconnaissent Pierre et Jacques lorsqu’ils s’adressent aux croyants en les qualifiant de « douze tribus dispersées » (Jacques 1.1) et d’« étrangers et dispersés » (1 Pierre 1.1). Pierre utilise deux fois le terme parapidemois pour designer les exilés (« résidents étrangers »), des gens qui vivent dans un pays en n’étant ni des natifs, ni des touristes de passage. Pierre appelle les chrétiens à vivre au cœur de la société païenne de façon à ce que les autres voient leur « belle manière d’agir et rendent gloire à Dieu », tout en les avertissant de s’attendre à la persécution (1 Pierre 2.11-12). Le parallèle avec Jérémie 29 est évident. Tout comme les exilés juifs, les exilés chrétiens doivent s’engager dans leurs villes respectives, se mettre au service du bien commun plutôt que de vouloir conquérir ces villes ou les ignorer. Ils doivent s’attendre à ce que la société dans laquelle ils évoluent soit à la fois hostile et attirée par la vie des croyants et par leur service au sein de la cité. Pierre nous dit que les bonnes œuvres des croyants conduiront au moins quelques païens à glorifier Dieu.
Dans « Soft Difference », son article sur 1 Pierre, Miroslav Volf montre en quoi la tension que Pierre entrevoyait (entre persécution et attirance, entre évangélisation et service) ne s’intègre à aucun des modèles historiques montrant la relation entre le Christ et la culture. (3) Contrairement aux modèles qui appellent à une transformation de la culture ou à une alliance entre l’Église et l’État comme jadis sous le Saint Empire, Pierre s’attend à ce que l’évangile soit toujours extrêmement choquant, jamais totalement adopté ou accepté par le monde. Il s’agit d’un avertissement pour ceux parmi les évangéliques et les chrétiens qui espèrent instaurer une culture essentiellement chrétienne. Et contrairement aux modèles qui ne jurent que par l’évangélisation et qui sont extrêmement pessimistes au sujet de son influence sur la culture, Pierre, dans 1 Pierre 2.12 et Jésus, dans Matt. 5.16 s’attendent à ce que certains aspects de la foi et des pratiques chrétiennes soient très attirantes pour n’importe quelle culture païenne, incitant les gens à louer et à glorifier Dieu. (4)
Samarie et les extrémités de la terre
L’Église vit comme une communauté internationale d’assemblées dispersées, comme Israël en exil. Dans Actes 8, nous voyons Dieu résolument disperser les chrétiens de Jérusalem, donnant ainsi un nouvel essor à la mission chrétienne. Les chrétiens sont immédiatement partis pour Samarie, ville que les Juifs avaient appris à mépriser autant que Jonas avait méprisé Ninive ou que les Juifs avaient méprisé Babylone. Mais contrairement aux prophètes ou aux exilés réticents, les chrétiens transformés par l’évangile étaient immédiatement efficaces pour la mission urbaine à Samarie (Actes 8.1 et suivants.)
Lorsque nous en venons enfin à l’église primitive, nous voyons que la mission rédemptrice de Dieu n’est désormais plus centrée sur une ville en particulier comme Jérusalem ou Babylone. Toutes les villes du monde deviennent cruciales. Dans Actes 17, Paul se rend à Athènes, le centre intellectuel du monde gréco-romain. Dans Actes 18, il va jusqu’à Corinthe, un des épicentrescommerciaux de l’empire. Dans Actes 19, il arrive à Éphèse, probablement l’un des centres religieux de l’empire romain car haut-lieu de nombreux cultes païens et en particulier du culte impérial, qui comptait trois temples pour le culte à l’empereur. À la fin du livre des Actes, Paul est à Rome, la capitale du pouvoir de l’empire, le centre militaire et politique du monde à cette ère. John Stott conclut : « Cela semble avoir été un choix délibéré de la part Paul de passer intentionnellement d’un centre stratégique urbain à un autre. » (5) En touchant la ville, Paul atteignait l’ensemble de la société, comme le montre sa lettre aux Colossiens. Dans cette épître, Paul suit des disciples dans les villes situées le long de la Vallée du Lycus : Laodicée, Hiérapolis, Colosse (Col. 4.13–16), bien qu’il n’ait jamais personnellement visité ces lieux. Ces personnes s’étaient vraisemblablement converties par le biais de son ministère à Éphèse. Si l’évangile est annoncé dans un centre urbain, le reste de la région et de la société est atteint.
Les raisons de l’efficacité si marquée du ministère urbain peuvent être résumées comme suit :
L’Église primitive était essentiellement un mouvement urbain qui gagnait les habitants des villes romaines à Christ, tandis que les zones rurales restaient païennes. Toutefois, étant donné que la foi chrétienne s’emparait des villes, elle a fini par gagner l’ensemble de la société, comme pratiquement toujours. Rodney Stark développe cette idée dans The Rise of Christianity.
Aux villes remplies d’indigents et de sans abri, le christianisme offrait la charité mais aussi l’espérance. Aux villes remplies de nouveaux arrivants et d’étrangers, le christianisme offrait un port d’attache immédiat. Aux villes remplies de veuves et d’orphelins, le christianisme offrait à nouveau le sentiment, décuplé, d’avoir une famille. Aux villes déchirées par de violents conflits ethniques, le christianisme offrait une nouvelle base de solidarité sociale... Les gens enduraient des catastrophes depuis des siècles sans l’aide de la théologie chrétienne ou de structures sociales. Je ne suggère pour autant en aucun cas que la misère de l’ancien monde a favorisé l’avènement du christianisme. Ce que j’aimerais développer, c’est le fait qu’une fois que le christianisme est apparu, sa capacité de réponse supérieure à ces problèmes chroniques est vite devenue évidente et a joué un rôle majeur dans son ultime triomphe... [car ce que les chrétiens] ont apporté n’était pas seulement un mouvement urbain, mais une nouvelle culture. (6)
La mission chrétienne a gagné le monde Gréco-romain antique car elle a gagné les villes. (7) Bien entendu, les élites étaient importantes, mais l’église chrétienne ne regardait pas qu’à elles. À l’époque, comme aujourd’hui, les villes étaient remplies de pauvres et l’engagement des citadins chrétiens envers les plus démunis était visible et frappant. À travers les villes, les chrétiens ont changé l’histoire et la culture en gagnant les élites, tout en s’identifiant profondément avec les plus démunis. Richard Fletcher, dans The Barbarian Conversion, montre que la même chose a eu lieu lors du mouvement missionnaire chrétien en Europe de 500 à 1500 ap. J.-C. (8)
La mission urbaine aujourd’hui
L’importance croissante des villes
En 1950, New York et Londres étaient les seules villes du monde à compter une population de plus de 10 millions de personnes dans leur aire urbaine. (9) Toutefois, aujourd’hui, il existe plus de vingt villes semblables, dont douze ont atteint ce classement au cours des deux dernières décennies (10), et bien d’autres vont suivre. Les villes du monde deviennent de plus en plus puissantes au plan économique et culturel. Les villes sont le siège de corporations multinationales et de véritables réseaux internationaux économiques, sociaux et technologiques. La révolution technologique et celle de la communication font que la culture et les valeurs des villes mondiales sont en train de se transmettre autour du globe dans toutes les langues, à toute tribu, à tous les peuples et dans toutes les nations. Les enfants de l’Iowa ou même du Mexique ressemblent plus à de jeunes adultes de Los Angeles et de New York qu’à des adultes de leurs propres villes. L’ordre mondial à venir sera global, multiculturel et urbain. Les villes du monde sont d’une importance de plus en plus cruciale pour déterminer le cours de la culture et de la vie dans son ensemble, même dans certaines régions du monde comme l’Europe et l’Amérique du Nord, où les villes ne se développent pas en taille. (11)
Il y a une seconde raison au fait que les villes mondiales sont d’une telle importance pour la mission chrétienne. Les millions de nouveaux habitants des villes en plein essor ont des caractéristiques qui les rendent bien plus réceptifs à la foi chrétienne qu’ils ne l’étaient avant d’arriver. Premièrement, ils sont plus ouverts aux nouvelles idées et au changement en général, après avoir été déracinés de leur environnement traditionnel. Deuxièmement, ils ont grand besoin d’aide et de soutien pour faire face aux pressions morales, économiques, émotionnelles et spirituelles de la vie citadine. Les anciens réseaux de soutien des zones rurales sont faibles ou inexistants, et le monde en développement ne dispose souvent « de pratiquement rien en matière de services gouvernementaux fonctionnels. » (12) D’un autre côté, les églises offrent une communauté de soutien, une nouvelle famille spirituelle et le message libérateur de l’évangile. « Une grande moisson attend les groupes qui pourront répondre aux besoins de ces nouveaux citadins, qui pourront nourrir le corps et l’esprit. » (13)
Le besoin d’églises contextuelles
Toutefois, un grand obstacle se dresse devant la mission urbaine. On ne le trouve ni dans les villes ni chez les résidents, mais au sein même de l’Église. Les sensibilités de la plupart des églises évangélique et de leurs responsables sont rarement urbaines, voire parfois anti-urbaines. De nombreuses méthodes de ministère ont été forgées en dehors des zones urbaines puis simplement importées, sans trop réfléchir aux barrières inutiles que cela érige entre les citadins et l’évangile. Lorsque ces évangélistes se rendent dans une ville pour mettre en place un ministère, il leur est difficile d’évangéliser et de gagner les citadins. Ils trouvent également difficile de préparer les chrétiens à la vie dans un contexte pluraliste, séculier et culturellement engagé. Tout comme la Bible doit être traduite dans la langue vernaculaire de ses lecteurs, l’évangile doit lui aussi s’incarner et être communiqué de façon à pouvoir être compris par les habitants d’une ville. Quelles sont certaines des caractéristiques d’une église contextualisée et autochtone dans une ville ?
Les membres des ministères urbains sont conscients des fortes différences culturelles entre les différents groupes raciaux/ethniques et les classes socioéconomiques, tandis que ceux qui vivent dans des endroits plus homogènes (et tout endroit est culturellement plus homogène qu’une grande ville) ignorent souvent à quel point leurs attitudes et leurs coutumes sont tout à fait spécifiques à leur race et à leur classe sociale. En bref, des responsables performants d’églises urbaines doivent être bien plus instruits et conscients des points de vue et des sensibilités des différents groupes ethniques, classes sociales, races et religions. Les citadins savent que bien souvent, les membres de différents groupes raciaux utilisent le même terme pour dire deux choses très différentes. Par conséquent, ils sont très attentifs et prudents lorsqu’ils abordent les problèmes que les groupes raciaux perçoivent très différemment.
Deuxièmement, en général les ministères évangéliques traditionnels aident très peu les croyants à comprendre de quelle manière ils peuvent continuer à pratiquer leur foi en dehors des murs de l’église, tout en continuant à faire partie du milieu des arts et du théâtre, des affaires et des finances, de l’érudition et de l’apprentissage, du gouvernement et des politiques publiques. Loin de ces grandes villes, il est peut-être plus facile de compartimenter sa vie, la formation de disciples se déroulant essentiellement en soirée ou le weekend. Cela ne fonctionne pas dans les villes, où les gens consacrent le plus gros de leur vie à leur carrière et à de longues journées de travail.
Troisièmement, la culture collective de la plupart des églises évangéliques est marquée par les classes moyennes, pour qui la vie privée, la sécurité, l’homogénéité, la sentimentalité, l’espace, l’ordre et le contrôle sont importants. En opposition à cela, la ville est remplie de gens ironiques, sur les nerfs, ouverts à la diversité, dont la tolérance pour l’ambigüité et le désordre est bien plus grande. Si les responsables d’une église ne peuvent pas fonctionner dans une culture urbaine et qu’au contraire, ils créent une sorte de « station missionnaire » non-urbaine dans la ville, ils découvriront qu’ils ne pourront ni atteindre, ni convertir, ni intégrer de nombreuses personnes de leur voisinage.
Quatrièmement, les églises non-urbaines se situent habituellement dans des quartiers assez stables, où les systèmes sociaux sont forts, ou du moins intacts. En revanche, les quartiers urbains sont bien plus complexes, et les évangélistes urbains efficaces apprennent à faire l’exégèse de ces quartiers. De plus, les églises urbaines ne font pas l’exégèse de leur voisinnage uniquement pour cibler les groupes en vue de l’évangélisation, bien que cela soit un de leurs objectifs. Elles cherchent des moyens de fortifier la santé de leur voisinnage, d’en faire des quartiers plus sûr et plus humains pour ceux qui y vivent. Elles recherchent ainsi le bien de la ville, dans le même esprit que Jérémie 29.
Les églises libérales traditionnelles perçoivent souvent la mission exclusivement en termes d’amélioration sociale. Leur but est de faire de la ville une société plus juste et plus humaine, en œuvrant dans le sens de la justice économique et sociale et pour le bien commun. Voilà qui est juste, en partie. Les églises conservatrices traditionnelles perçoivent souvent la mission exclusivement en termes de croissance. Leur but est de grandir et de développer l’Église de Dieu au sein de la ville, en augmentant le nombre de conversions et par là même, la puissance des églises. Voilà qui est juste aussi, en partie. Néanmoins, ces deux approches doivent être combinées car seules, elles péricliteront. Vous ne pouvez véritablement servir la ville sans un constant flot de nouveaux convertis, transformés et fortifiés par l’expérience de la grâce et de la nouvelle naissance. D’un autre côté, la croissance de l’Église finira par être littéralement bloquée si les églises sont remplies de gens qui ignorent ou qui sont hostiles au bien commun de leurs voisins. Une église qui ne « pratique le bien » qu’envers ses proches dans la foi, et pas envers « tous » (Gal. 6.10) sera (à juste titre !) considérée comme tribale et sectaire. Si les païens ne voient pas « vos bonnes œuvres », ils ne « glorifient » pas Dieu, ou du moins pas dans la même mesure. Ironiquement, si les églises urbaines consacrenttoute leur énergie à l’évangélisation et n’en consacrent aucune à servir les besoins de la ville, leur évangélisation sera bien moins efficace. L’expérience de la grâce conduit inévitablement à mener une vie débordant d’œuvres au service des nécessiteux (És. 1.10-18 ; 58.1-10 ; Jacques 2.14-17). Dieu dit aux Israélites qu’ils doivent être au service des besoins des « étrangers » démunis (un étranger qui n’est peut-être pas croyant) car ils ont eux-mêmes été des étrangers en Égypte et Dieu les a délivrés (Deut. 10.19). L’expérience de la grâce doit toujours vous inciter à aimer, en particulier vos voisins démunis et non-croyants.
Bibliquement, l’expérience de la grâce salvatrice amenée par l’évangélisation conduit à partager ses richesses de façon radicale et à aider les nécessiteux. Lorsque le monde voit ce partage et qu’il « n’y avait aucun nécessiteux parmi eux » (Actes 4.34), c’est un témoignage encore plus puissant de l’évangile (Actes 4.33). Ainsi, exercer la justice et prêcher la grâce vont de pair, non seulement au plan individuel pour le chrétien mais aussi pour le ministère et l’efficacité de l’église urbaine.
Il faut un mouvement pour atteindre une ville
Il faut plus que quelques églises efficaces ou un regain d’énergie et de nouveaux convertis pour atteindre une ville entière. Transformer une ville avec l’évangile nécessite un mouvement de ministères et de réseaux, capable de se maintenir et de croître naturellement, autour d’un noyau d’églises en expansion.
À quoi cela peut-il ressembler ? Les chrétiens vivent au cœur de la ville avec un état d’esprit de service. De nouvelles entreprises et associations amènent un renouveau au sein de leur culture, à petite et à grande échelle. Les croyants intègrent leur foi à leur travail de sorte que toute vocation devient une activité du Royaume. Les ministères sur les campus et les autres agences d’évangélisation engendrent naturellement de nouveaux responsables chrétiens qui restent en ville et s’investissent dans les églises et les réseaux. Les gens se servent de leur pouvoir, de leurs richesses et de leur influence pour le bien de ceux qui sont en marge de la société, pour développer des ministères et implanter de nouvelles églises. Les églises et les individus soutiennent et influencent les arts. Analysons tout cela.
1. Les églises nouvellesconstituent le cœur de ces écosystèmes de l’évangile. Elles fournissent l’oxygène spirituel aux communautés et réseaux de chrétiens qui font le plus gros du travail, qui peut prendre des décennies, pour renouveler et racheter les villes. Elles sont le lieu principal de la formation des disciples et de la multiplication des croyants, tout en étant le moteur financier pour les initiatives de ministère. Une masse critique de nouvelles églises est donc nécessaire pour cet écosystème. Ces églises doivent être centrées sur l’évangile, urbaines, missionnales/évangélisatrices, équilibrées, en pleine croissance et en train de se dupliquer sous diverses formes, au-delà des traditions, tout en intégrant différentes races/classes sociales. Il s’agit du noyau de base de l’écosystème.
2. L’écosystème promeut aussi des réseaux et des systèmes d’évangélisation qui touchent des populations spécifiques. En plus des ministères sur les campus, qui sont particulièrement importantes en tant que nouvel outil de développement deresponsables, d’autres organismes d’évangélisation spécialisés sont généralement nécessaires pour atteindre les élites, toucher les pauvres et atteindre les musulmans, les hindous et les autres groupes culturels/religieux spécifiques.
3. Les réseaux et les organisations d’acteurs dans les divers domaines professionnels, comme les affaires, le gouvernement, le milieu universitaire et celui des arts et des médias, font aussi partie de cet écosystème. Il est primordial que ces individus soient actifs dans des églises qui les forment et les soutiennent avec le plus grand soin pour la vie publique. Ces responsables doivent également établir des réseaux et se soutenir mutuellement au sein de leurs milieux respectifs, engendrant ainsi de nouvelles institutions culturelles et écoles de pensée.
4. Cet écosystème se distingue également par des organismes et des initiatives créés par des chrétiens pour être au service de la paix de la ville et en particulier des plus démunis. Des centaines et des milliers de nouvelles associations et entreprises devront être créées pour pouvoir servir tous les quartiers et toutes les populations dans le besoin. Des alliances d’églises et des institutions unies et coordonnées sont également au service des familles et des individus chrétiens et soutiennent leur vie à long terme dans la ville (par ex., écoles, facultés théologiques et autres institutions qui rendent la vie en ville possible pour les chrétiens au fil des générations).
5. De plus, cet écosystème possède des réseaux de responsables citadins qui se recoupent. Des responsables de mouvements chrétiens, des théologiens/enseignants, des responsables d’instituions ainsi que des responsables et des mécènes dans le milieu culturel ayant de l’influence et des ressources se connaissent mutuellement et proposent une vision et une direction à l’ensemble de la ville.
Points de bascule
Des événements isolés ou des entités individuelles se cristallisent en un mouvement croissant et autonome lorsqu’elles atteignent un « point de bascule ».
Le point de bascule du mouvement de l’évangile. Un projet d’implantation d’église devient un mouvement lorsque les éléments de l’écosystème sont tous en place et que la plupart des églises disposent de la vitalité, des responsables et de l’état d’esprit nécessaires pour implanter une autre église au cours des cinq à six années suivant leur propre implantation. Lorsque le point de bascule est atteint, un mouvement autonome naît. Suffisamment de nouveaux croyants, de responsables, d’assemblées et de ministères surviennent naturellement pour que le mouvement se développe sans aucun centre de contrôle et de direction. Le corps de Christ de la ville s’autofinance, forme ses propres responsables et dirige ses propres formations. Un nombre suffisant de responsables dynamiques en sort régulièrement. Le nombre de chrétiens et d’églises double tous les sept à dix ans. Combien d’églises doivent être touchées pour que cela se produise ? Bien qu’il soit impossible de donner un chiffre valable pour toutes les villes et les cultures, tous les éléments de l’écosystème doivent être en place et très solides.
Le point de bascule de la ville. Le point de bascule du mouvement de l’évangile est un objectif important. Mais il y en a un autre. Lorsque le point de bascule du mouvement de l’évangile est atteint, il se peut que l’écosystème fasse croître le corps de Christ au point d’atteindre le point de bascule pour l’ensemble de la ville. C’est le moment où le nombre de chrétiens façonnés par l’évangile dans une ville devient tellement important que l’influence des chrétiens sur la vie civique et sociale de la ville (et sur la culture elle-même) est identifiable et reconnue. Par exemple, les quartiers changent peu si les nouveaux résidents (qu’ils soient plus riches, plus pauvres ou culturellement différents des autres) représentent moins de 5 pour cent de la population. Certains visiteurs de prison affirment que si moins de 10% des détenus deviennent chrétiens, la culture collective en sera transformée. Qu’il s’agisse des relations entre les prisonniers ou entre les prisonniers et les gardes, elles changent. De même, lorsque le nombre de nouveaux résidents atteint entre 5 et 20 pour cent, en fonction de la culture, l’atmosphère de l’ensemble du quartier change. Dans la ville de New York, certains groupes ont un impact palpable sur la façon de vivre, lorsque leur nombre atteint de 5 à 15 pour cent et lorsque leurs membres sont actifs dans la vie publique.
Quelles chances y a-t-il qu’un mouvement urbain de l’évangile puisse se développer au point d’atteindre un « point de bascule transformateur de la ville », où l’évangile commence à avoir un impact visible sur la vie de la cité et la culture qui s’y développe ? Nous savons que cela peut se produire par la grâce de Dieu. Les livres d’histoire nous en donnent des exemples. Toutefois, seules quelques très rares figures chrétiennes, comme John Wesley, vivront assez longtemps pour voir le mouvement qu’ils ont démarré avoir une telle efficacité. C’est pourquoi les évangélistes urbains doivent en faire leur objectif, et y consacrer toute leur vie, sans pour autant s’attendre à en voir l’accomplissement au cours de leur existence sur terre. Voilà le juste équilibre entre nos attentes et la patience qu’il nous faut atteindre pour réussir, si nous voulons voir nos villes être aimées et atteintes pour le Christ.
Français Translation by: LGC_Translation
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Mots-clés: mission urbaine, ville
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États-Unis
You have a good thought when you say those in cities might be open to new thoughts. I think you are correct because perhaps those in large population areas are exposed (bombarded?) with messages constantly. They, and I’m including myself, would definitely be open to a message that offers the peace and tranquility Christianity offers. The urban mission definitely has the chance to provide an oasis and a different way of thinking. Also, there are so many types of people in an urban area. Exchanging thoughts on any topic, particularly faith, becomes an excited conversation. An evening spent like that is an education in itself.
12.11.2012
Chine
Reflections on God’s Global Urban Mission
http://conversation.lausanne.org/en/conversations/detail/10282
Tim Keller in an advance paper prepared for Cape Town 2010 addresses the question “What is God’s Global Urban Mission?” In this paper he moves from defining biblically what a city is, then addresses the urban mission movement that can be seen in the Bible and finally addresses what urban mission is today. In what follows I will summarize the key points of each section.
Biblical Definition of a City
In this first section, Keller defines what a city is by stating: “What makes a city is proximity. It brings people and therefore residences, workplaces, and cultural institutions together. It creates street life and marketplaces, bringing about more person-to-person interactions and exchanges in a day than are possible anywhere else.” He derives this biblical definition from the Hebrew word iyr.
Urban Mission in the Bible
In this section Keller discusses the centrality of Jerusalem from which there is a movement outward. Further he highlights the sending of Jonah out into the world to call a pagan city to repentance. Another stage of this outward movement is reached when Israel is in the Babylonian exile. The question is raised – What is the relationship of believers to such a pagan place? Keller finds this question answered in Jeremiah 29, which “holds out a remarkable outline for a believer’s stance toward the city.” Keller outlines in more detail what this stance towards the city looks like.
Keller then raises the question: “Is there any reason to believe that the model for Israel in Babylon should serve as the model for the church?” Keller answers emphatically –YES! He argues, “In exile, Israel no longer existed in the form of a nation-state …. Instead it existed as an international community and counterculture within other nations. This is also now the form of the church, as Peter and James acknowledge when addressing believers as “the dispersion” (James 1:1) and “exiles” (1 Peter 1:1). [….] Peter calls Christians to live in the midst of pagan society in such a way that others see their “good deeds and glorify God” but warns them to expect persecution, nonetheless (1 Peter 2:11-12). [….] Like the Jewish exiles, Christians exiles are to engage in their cities, serving the common good rather than conquering or ignoring them.” Thus the model of Israel in Babylon should serve as the model for the church.
Urban Mission Today
Keller moves in his paper into a reflection on why the cities are so important to the Christian mission. He argues that the context of the city makes it so important for mission. H states: “World cities (10 million plus) are becoming more and more economically and culturally powerful. Cities are the seats of multinational corporations and international economic, social, and technological networks. The technology/communication revolution means that the culture and values of global cities are now being transmitted around the globe to every tongue, tribe, people and nation.” Another reason for the cities significance for Christian mission has to do with the context of cities. Keller writes, “The millions of newcomers in burgeoning cities have characteristics that make them far more open to the Christian faith than they were before arriving. First, they are more open to new ideas, and to change in general, after being uprooted from traditional settings. Second, they greatly need help and support to face the moral, economic, emotional, and spiritual pressures of city life.” Thus cities provide a frugal place for mission efforts.
Keller highlights four characteristics of a church that is contextual and indigenous to a city:
1.) People in urban ministry are aware of the sharp cultural differences between different racial/ethnic groups and socioeconomic classes.
2.) People in urban ministry help people in understanding how they can maintain their Christian practice outside the walls of the church while still participating in the world of the arts and theatre, business and finances, scholarship and learning, and government and public policy.
3.) People in urban ministry need to be able to embrace the city which is full with ironic, edgy, diversity-loving people who have a much higher tolerance for ambiguity and disorder then people from rural settings.
4.) People in urban ministry need to know how to exegete their neighborhoods and look for ways to strengthen the health of their neighborhoods.
Finally Keller describes what God’s global urban mission could look like. Keller believes, that “to change a city with the gospel takes a self-sustaining, naturally growing movement of ministries and networks around a core of new church multiplication.” This is what I believe Redeemer in New York does. He raises the question – What does that look like? His answer to this question is worth reading in its entirety – however here are some highlights. Christians live in the city with a posture of service. They integrate their faith and work. “People use their power, wealth, and influence for the good of others on the margins of society, to advance ministry and to plant new churches.” For Keller, “new churches form the heart of these gospel ecosystems. They provide spiritual oxygen to the communities and networks of Christians who do the heavy lifting over decades, to renew and redeem cities. They are the primary venue for discipleship and the multiplication of believers, as well as the financial engine for all the ministry initiatives.” Keller identifies the gospel movement tipping point as “a church planting project becomes a movement when the ecosystem elements are all in place and most of the churches have the vitality, leaders and mindset to plant another church within five to six years of their own beginnings. Further, there is a city tipping point “that is the moment when the number of gospel-shaped Christians in a city becomes so large that Christians influence on the civic and social life of the city and on the very culture is recognizable and acknowledged.” All these tipping points are reached by God grace.
Reflection
First, I really appreciated how Tim Keller shows us that the model for Israel in Babylon should also serve as the model for the church. I have never seen anyone make the connection so clear. The paper was worth reading for just this one point.
Second, I wonder if all cities that have over 10 million people are equally significant in terms of culture shaping. I know that this is not the focus of the paper, but I wonder what makes some large cities big players and other large cities insignificant? Are there smaller cities that have a similar impact as big cities? These questions seem worth reflecting on.
#dmingml
#capetown2010
22.10.2010
Équateur
Reaching the cities are crucial, but one must also go where directed by the Spirit of the Lord. In our context, in the Cloud Forest region of Ecuador, it is the sub-urban which impacts the urban more than the other way around. People pass through this region an stop often for rest and tourism. The Gospel bleeds back into the cities via our remote region.
17.10.2010
États-Unis
Thanks so much Tim! I particularly loved this statement, "The ecosystem also fosters networks and systems of evangelism that reach specific populations. In addition to campus ministries, which are especially important as a new leader development engine, other very effective, specialized evangelistic agencies are usually necessary to reach the elites, reach the poor, and reach Muslim, Hindu, and other particular cultural/religious groupings."
Seeing the city and larger culture as an ecosystem(s) is right on and helps us to see the great need for contextualized ministry from diverse expressions of the body of Christ.
R. York Moore, National Evangelist, InterVarsity Christian Fellowship USA
12.10.2010
Royaume-Uni
Thank you for your insights into a biblical model of urban mission.
I live in a town outside London from where many people commute to work. Our church has many members who work in ’the city’. These people are, in the main, professionals and are often in senior positions. There are particular issues faced by those who spend so much of their work and social time in a completely different location and culture from where they live. They can feel disconnected from the ministry of our church as they struggle to have time to serve in the church and yet are not being equipped for mission in the city. I wonder how such Christians could fit into the kind of urban mission you describe?
11.10.2010
Singapour
Thanks Tim, - great material for thought.
The biblical movement is Garden to City - whilst the City is often portrayed, rightly, as evil, there is a fundamental movement to the city of God and to the cities of men.
Fascinating insight on city size vs density. Nineveh might only have been 250m radius! So 3 days walk wasn’t to cross the city - but maybe to walk all its streets. But density is really important to the spread of ideas and contagions.
I note you refer to Jonah but don’t include an analysis of Jonah’s methods. Again, I suspect Jonah would be the ’how-not-to’ prophet. He could easily have gone directly to the king - (presumably the ’opinion-leader’ in modern marketing analysis). Instead I imagine he was doing an Archimedean spiral around the outskirts of the city. Doesn’t appear that he engaged in holistic ministry, he wasn’t ’seeking the good of the city’ either! How did it work so spectacularly? More testament to God’s workings than an endorsement of Jonah’s method I suspect.
I’m reading a lot about ’tipping points’ and ’critical mass’ at the moment but a lot of this popular writing doesn’t attempt to tie back to coherent analogies. I think a quick example would help a lot of readers. (- if you can find one).
Regarding Tipping Points mentioned - I’m not clear on the differences - what is the difference between the gospel movement TP and the city TP?
I look forward to hearing/reading the final paper.
xyrst
09.10.2010
Émirats arabes unis
I was intrigued by the centripetal/centrifugal analogy in the ministry of God’s people. The city on a hill perspective attracts minorities into our believing majority whereas in diaspora ministry God sends out His people as minorities among unbelieving majorities.
I appreciated your insight regarding the lack of awareness, even blindness, of those coming out from a more homogeneous context (p.4). Without exposure to other kinds of thinking and living, we can only be blind to the benefits of others’ peculiar twists in perspective and practice. As believers, we have been commissioned to persuade people regarding the Truth, but evangelical pride that we have The Answer can easily mix in our own non-essential cultural distinctives with the biblical truths that God does want us to proclaim and teach. We do have The Answer, we just need to be careful how many non-essential and unnecessarily offensive practices get mixed into our expectations for the proper Christian life.
The church has done well to increase our awareness of cultural biases in obviously cross-cultural situations. Your paper highlights that the rural/suburban to urban leap is also wrought with cultural pride and the potential for stiff-necked stubbornness on certain non-essentials. You skillfully highlighted foundational differences between the rural/suburban and the urban mindsets. The middle-class suburban church truly is more comfortable with maintaining privacy, safety, homogeneity, control, etc. It can be painfully cross-cultural to welcome chaotic diversity into our church community.
Your conclusion is powerfully inspiring to ‘be’ the church in the city. Our ‘experience of grace inevitably leads to a life poured out in deeds of service to the needy’. (p.5 ¶2)
03.10.2010
Australie
Fantastic contribution to Lausanne Tim--thankyou. Your ministry and teaching through Redeemer has mentored so many. In my context--Brisbane, Australia--it would be awesome to see a city-wide tipping point reached. We have a couple of city wide-initiatives, and some ecumenical prayer among leaders, but it’s hard to sustain with so many churches busy with their particular programs.
So, a few thoughts:
a) I like the approach you suggest from Jeremiah, of a counterculture within the city. Interestingly, Niebuhr’s models of Christ and culture do allow for such an approach, but it’s in his worst expounded chapter, being Christ and culture in paradox. A far better unpacking of this paradox that I’ve found very helpful is John G. Stakchouse’s Making the Best of It: Following Christ in the Real World. There are a lot of tie ins with what you’re saying, of seeking the transformation of a city, while realizing we’re not called to take it over and there will always be tension ... so let’s work toward the shalom of the city and garden faithfully in a mixed field.
b) You suggest we work towards an "ecosystem ... marked by agencies and initiatives produced by Christians to serve the peace of the city, and especially the poor." I love the idea, but presently in my church we have two major barriers despite preaching into a missional vision of engaging culture ...
#1: The bigger our church gets, the more elaborate are our programs, and the busier are our parishioners. We crunched 36 pages of data recently for every volunteer connected with our church, and found that on average they were spending 6 hours within church programs either being fed or discipling other believers to every 1 hour reaching out. Facing the facts, we were ashamed of our poor kingdom stewardship ... if we could start with 300+ volunteer hours per week to work with, I’m sure we wouldn’t invest it like this. We’re facing the challenge of how to downsize our program to intentionally free up and propel our people into city-wide mission. Imagine if for every hour inside church culture, we spent one hour working for the shalom of our city? What an impact this would have! We almost need a planned diaspora to evacuate the Christian bubble.
#2: We are running short on expertise to set up well run holistic programs that actually do make a difference beyond token expressions of care. If I’m getting on a plane, I’d always prefer a non-Christian trained pilot over an inexperienced but well-intentioned Christian. A lot of damage can be done by poorly grounded compassion efforts on a city-wide level. Now, we want to work towards a couple of ecumenical projects that are well thought out, and really make a difference. But for our church right now, we’re trying to build meaningful links with the community. Do the programs bringing shalom have to be Christian initiatives? Following Luke 10, we’re trying to find the person (or organizations) of peace, and form genuine partnerships. As our people are given a solid vision of who we are and what our mission is + how to share the gospel, we’re finding that volunteers can be salt and light very effectively within already established organizations led by professionals.
Granted, some partnerships are "unequally yoked" and may hamstring the gospel. But in general, especially for volunteers, the natural links made with drug rehab centres, tutoring for refugee students, and centres for those differently-abled, have been really fruitful.
Thanks so much for your thoughts ... here’s praying we see even some of what God’s doing in New York make its way to our shores :)
28.09.2010
Argentine
Muchas gracias por esta prsentación
10.09.2010
Colombie
@ MisionGloCal1Scott:
Por fín alguien en español, yo lo entiendo para leer pero no para escribir. Este es un documento muy desafiante, yo sólo agregaría dos puntos más a tener en cuenta.
1. Si bien las personas de las ciudades son más abiertas a los cambios no siempre lo son al Evangelio, por cuanto las grandes ciudades tienen una gran oferta en términos de diversión, fiestas, licores, sexo, etc, que a veces entra en contradicción directa con el evangelio y que hace que no siempre sea tan fácil la aceptación del mismo. De igual forma la iglesia tiene que competir con toda esta oferta que tienen las ciudades en cuanto a diversión, por lo que muchas iglesias se ven desafiadas a innovar en estrategias evangelísticas como el teatro, los conciertos, entre otras para convocar a la gente y poder competir con espacios seculares de distracción y entretenimiento como cines, teatros, discotecas, centros comerciales, teatros, Parques, conciertos, etc.
En segundolugar, las ciudades constituyen un gran desafío a la iglesia por las múltipes situaciones de inequidad social que se presentan en ellas, sobre todo en las ciudades latinoamericanas, como concentración de la riqueza, injusticia social, pobreza en sectores periféficos, entre otros, lo que representan un desafío a la misión integral de la iglesia en las ciudades.
Muchas gracias por todos los aportes, este es un tema muy desafiante.
26.09.2010
Afrique du Sud
A tremendous call to courage and engagement in our cities.
’Because the Christian faith captured the cities...it eventually captured the society.’
While not ignoring the reality of successes in smaller towns, Keller reminds us to turn back towards our major city centres, to serve and witness there and plant hundreds of new churches.
If you’re disappointed by the cultural non-involvement of suburban Christian culture then this paper will inspire you to reconsider ’evangelism’ in the light of becoming active in the multi-faceted culture of city life.
I’m looking forward to hearing Keller at the Congress.
For an example of a local church seeking to engage with the city of Cape Town in ways outlined in this paper check out Jubilee Community Church www.jubilee.org.za
Lex Loizides
http://lexloiz.wordpress.com/
25.09.2010
Hongrie
This is a great vision for global cities (and any cities, really).
I think the most challenging thing in all of this is to convince believers to stay in the city, and to convince church leaders to see the importance of starting new churches in cities.
I think the urban culture (at least in my context) is more ready to accept such churches and movement than we realize.
24.09.2010
Brésil
I look forward to hearing this paper delivered in person. It is definitely a worth-while address to an ever-growing reality for the global church.
While the paper deals with the strategicness and need for urban mission, maybe a couple of paragraphs of the challenge and complexity of the task and context would be helpful. As far as my denominational tradition, for example, we have avoided or ignored the cities because of its complexity of ministry and because we were once a rural people that are now suburbian. Thus, we have to tool missionaries to hang in there and interpret the cities as they are totally unfamiliar with them and their realities.
Your vision for church (planting) multiplication and for the right ecosytem, well, it is insightful and written in a creative fashion. If I may say, it is classic and visionary Keller. I hope the rest will find it as edifying as I do and something to rally around for thousands of more Gospel-centered and contextually fitted churches in urban contexts.
23.09.2010
Chine
I recently spent an afternoon discussing this paper with a group of mainland Chinese pastors Bible school teachers. I summarised their comments as an "Experience" on the Lausanne site here
http://conversation.lausanne.org/en/experience/detail/1093
26.07.2010
Thaïlande
@ Swells_in_the_Middle:
Thank you for uploading this valuable document from leaders in your country. Their points are very valid and worthwhile.
22.09.2010
Australie
Thank you so much Tim for your insights on urban ministry. Whilst cities can be defined by proximity, you also make the excellent point that cities are not singular entities but a multiplicity of varying cultural, ethnic, linguistic, religious and socio-economic groups. To add to this diversity even more, we need to take into account contemporary, trans-urban realities, where people communicate, commute, congregate and cohabitate in multiple city centres. “Home” and “work” can be in several cities at once. For example, my own church, Hillsong, has campuses in Sydney, Brisbane, London, Paris, Cape Town and New York. They link for services via satellite communication, hold to a global vision and share resources. I wonder how this new reality of globalisation affects centripetal and centrifugal movement?
On a recent trip to Israel, I was struck by the fact that, during ancient days, each time a person ventured outside the city walls they were literally taking their life into their hands. Being outside the city meant constant exposure to bandits, enemies, wild animals, elements, accidents, dehydration, etc. Today, constant movement between urban centres has become a way of life. The walls of defence and isolation have begun to crumble. Could this mean that there is the potential to see a mass movement of cities “turned upside-down” (Acts 17)? Perhaps if we tip the balance more on the side of expectation than of patience, we will see such transformations.
20.09.2010
États-Unis
In this paper, Dr. Keller has expressed a well-defined urban missional viewpoint that has the potential to reach and transform people and institutions in cities and, in-turn, the culture of which they are a part. In some cases, cities with diverse multinational populations and significant media access, will export these changes cross-culturally around the world. The last two pages represent a hopeful and positive outlook that we are already beginning to see happen in which a “gospel movement tipping point” and a “city tipping point” are reached.
This having been said, there are several issues worthy of further consideration in this presentation. First, it is a leap to define a city the way the ancients may have as “...a ‘mixed use’ walkable human settlement.” In biblical times, cities had to be walkable because one’s feet were the main form of transportation. To use this as a point of contrast for today’s urban and suburban areas fails to recognize the systemic and complex interdependency of metropolitan areas. It underestimates the healthy and diverse interactions that take place in the suburbs as well as in the urban areas. Much has changed since biblical times in transportation, communications, government, economics, and housing. A city is a geographic center of population characterized by residence, commerce, politics, and culture. Today’s understanding of city includes urban and suburban.
Second, I agree that Paul was strategic in his approach to mission. Paul’s calling described in Acts 9 was to take the gospel “...to the Gentiles and their kings.” Paul takes the gospel to the cities because that is where the kings of the Gentiles live and exercise authority. He often gets to their courts in surprisingly unexpected ways.
Paul understood his arrests, the riots, the stonings, imprisonments, and the beatings to be a part of his call. Far from networking his way into a place of cultural influence, it was through suffering and weakness that Paul found he was ushered into the presence of kings and magistrates. These circumstances may not have been the way Paul initially envisioned his taking the gospel to the kings of the Gentiles, but he came to accept and rejoice in suffering hardship as central to God’s plan and a way in which his life became more Christlike.
Third, while church planting is vitally important, there needs to be greater recognition that the kind of mentoring and leadership in all vocational realms are activities that take place beyond the walls or control of any single congregation. This is touched on in point 3 under the idea that “It takes a movement to reach a city.” The distinctions in this case between local congregational discipleship and the more organic features of a movement could be more carefully defined.
Throughout, the presentation could use stories and illustrations. I’m sure that these are in the works as Dr. Keller prepares for this important presentation.
15.09.2010
États-Unis
Responding to Tim Keller’s Advance paper for CapeTown2010.
I am always on the lookout for ethnic peoples in urban areas, as it can often lead to a conversation about Christ. On a recent vacation to New York City I was not disappointed. Twice I ran into young men from the Ukraine who rent bicycles in Central Park. The security guard on Times Square was from Mongolia, the hotel clerk from India and several young men selling fabric on the street were from Jamaica. Presently I am living near Milwaukee, WI, but have lived for years in São Paulo, Brazil. In each of these cities, the same kind of ethnic variety can be found. It is evident that the residents of many nations are coming to the cities to work and to live, and not just in the United States. The effect of globalization on ethnic groups and different economic classes is of critical importance for issues of urban mission. The presence of “people groups” and the wide range of economic classes in the mega-cities represent some of the greatest challenges for world evangelization in the mega-cities.
In reading Keller’s paper I have the sense that he may be writing from a perspective that sees “most evangelical churches are middle-class in their corporate culture”, and again, presumably from his personal experience where “urban churches look for ways to strengthen the health of their neighborhoods” and how “evangelism leads to radical sharing of wealth and helping the needy”. I would agree that these latter two descriptive are biblical but like the first item, they might not be normative. Here I am thinking of urban churches in Brazil. The challenge is how to go from an accurate biblical exegesis of “cities”, “urban mission” and “New Testament churches” to an application to the rough and tumble, often brutal and economically challenging realities, especially of modern, non-western cities?
I would like to hear more story-telling of what Keller is attempting to describe, especially when talking about “tipping points” of cities and church planting. Furthermore, the future of ethnic churches in the cities is being seriously questioned as a strategy by some missiologists. I also would like to hear more of what Keller has to say about “people group thinking”and the poor in urban mission. Urban missions in the 21st century must continually come face to face with the reality of urban poverty and the lack of real options and choices for urban dwellers. I hope that we can hear more stories of how “contextual urban churches” are facing these real challenges for the cause of world evangelization.
Douglas Lamp (douglamp@oci.org)
14.09.2010
Philippines
As an urban planner, your discussion on the theology of the cities provides me with a more wholistic perspective. I will be moderating the multiplex session on embracing the global mission in the afternoon and I want to connect with you directly for some update and arrangemnets on our session. Can you reply to me with your email address. Thanks. Emmanuel M. Luna
05.09.2010
Australie
Thanks for the helpful article. I do have a question.
I am not sure that it is right to say that Paul’s missionary strategy was to go to the city because that would be more strategic. It seems from Acts and the Pauline Epistles that Paul’s strategy was ’first to the Jew and then to the gentile.’ In this case, Paul was going from synagogue to synagogue as can be seen in the book of Acts. Particularly Acts 14:1 and 17:2 reveal that going the synagogue was their custom, or usual way of doing evangelism.
It could be seen Acts 17:1 that Paul did not stop in Amphipolis and Apollonia and simply continued on to Thessalonica because it had a synagogue. Given you needed a certain number of Jews to form a synagogue, it just happens that this is most likely to occur in a large town or city. Another example of Paul’s ’first to the Jew’ strategy can be seen in Act 16:13 where he goes to the river where the Jews would meet and pray when there was no synagogue.
Now I am not advocating this as our strategy, simply saying that it is too simplistic to read a city priority out of Paul’s strategy. I think the question about Jesus’ mission was spot on although I am anxious to draw and strong precedence for the unique, once-off nature of Jesus mission.
31.08.2010
États-Unis
What would this look like in a city that is 99% Muslim? Keller mentions that even with pre-existing churches this would take place “over decades.” What if there are no churches to begin with and believers only exist in handfuls? I appeciate the emphasis he places on church planting as the spiritual oxygen to make this vision happen. We do need have the long-view in mind.
28.08.2010
États-Unis
@ Warrick_Farah:
Warrick, excellent question, I’d suggest in the spirit that Tim has presented that is through regular believers living and discipling among the lost and not sequested in church-only events. See the attached paper, by Bill Mowry for how the early church grew rapidly though of small number at first. The article was too large to post here, please download (doc name is Early Church at:https://public.me.com/samuelhershey
Pièces jointes téléchargeables
28.08.2010
États-Unis
Tim,
I was just sent this website article by an expert on cities ...
Why the 21st century will be dominated by the city - http://www.smartplanet.com/business/blog/smart-takes/why-the-21st-century-will-be-dominated-by-the-city/10127/
I wanted to pass this along to you, think you will find it all the more interesting in light of the mission we have before us.
Sam
28.08.2010
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